Format peu exploité sur WDR, lettre ouverte à... réapparaît à l'occasion du Disquaire Day qui aura lieu le vingt-deux avril prochain. Si écrire sur les bonnes choses de l'industrie musicale est une priorité naturelle, il faut, de temps en temps, pousser des coups de gueule sans se soucier qu'ils soient entendus ou non. S'attarder quelques minutes sur ce qui ne va pas, sur les vautours et autres pilleurs de tombes. C'est pour toutes ces raisons que cette chronique, en rien originale, va se pencher cette fois sur les fameux petits gars du marketing.
On n'est pas des lèches vinyle du système...
Ma première expérience avec le Record Store Day made in France date du jour de son lancement. Aucunes banderoles ni publicités annonciatrices d'un futur succès planétaire n'étaient encore présentes. En fait, il n'y avait absolument rien indiquant une quelconque fête musicale. J'étais simplement venu chercher un exemplaire, commandé quelques jours auparavant, d'un Nirvana ~ Hormoaning réédité pour l'occasion, avant de repartir aussitôt sans me préoccuper du reste. Le concept du RSD était aussi clair que les bonnes intentions qui s'en extirpaient. Une idée rafraîchissante basée sur le fait de sortir, en petite quantité, des disques devenus sir chers, ou si rares à dénicher, afin que n'importe quel passionné puisse les obtenir à prix modique. Satisfait de mon achat, j'attendais l'édition suivante avec une certaine hâte. Peu de souvenirs me reviennent de cette deuxième année, néanmoins je me souviens d'une ambiance très différente. Le marketing avait très bien fait son fastidieux office et beaucoup plus de monde était présent, presque entassé, devant les rideaux de fer des disquaires. Le Dday s'était professionnalisé et tenir entre les mains la raison de notre réveil matinal n'était plus aussi facile. Inutile de s'engouffrer dans une longue rétrospective puisque dès la troisième c'était devenu un gros foutoir. Un immense bordel n'ayant rien à envier au cirque Pinder si tant est que l'on aime rire jaune. Rien n'allait dans à peu près tout. Les prix avaient "mystérieusement" gonflés, les gens s'invectivaient et les enculés d'Ebayeur/profiteurs été désormais plus nombreux que les autres afin de tout rafler, sans distinction, dans le seul but de revendre dans l'heure. Bref, l'esprit du Disquaire Day était mort trois ans seulement après sa mise en route, dans une indifférence quasi générale.

