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vendredi 26 avril 2019

Chronique : Rage Against The Machine (1992)



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Epic Records


Playlist : A1- Bombtrack / A2- Killing In The Name / A3-  Take The Power Back / A4- Settle For Nothing / A5- Bullet In The Head / B1- Know Your Ennemy / B2- Wake Up / B3- Fistful of Steel / B4- Township Rebellion / B5- Freedom


La révolution est en marche ? Bien sûr que non, malgré les illusions, elle n'a jamais été aussi lointaine. On peut aller se coucher ou croire, au moins une ultime fois, à une alternative grâce au premier album de Rage Against The Machine paru en mille neuf cent quatre-vingt-douze sur le Label Epic Records. 


Another funky radical bombtrack


 OK. L'abcès aura fini par crever. L'abstrait sentiment d'abandon et les bien réelles violences gouvernementales ressentis depuis des décennies s’extériorisent, enfin. En résultent six mois de crise politique, de colères sociétales, de frustration populaire, prenant la forme hebdomadaire d'une séance de sport à ciel ouvert. Tout le monde a son mot à dire, surtout les nombreux journalistes qui, des heures durant sur les plateaux, oublient une rigueur déontologique pourtant essentielle à leur fonction. Pendant ce temps, chez les désespérés, idiots, vaches à lait, naïfs, précaires, conscients, rejetés, incompris, l'espoir renaît puis se meurt à nouveau en l'espace d'une journée. Les très pauvres, n'auront eux que le je-m’en-foutisme comme acceptation. Faisons semblant mais personne n'est dupe. Rien ne changera, le mépris continuera. La promesse d'un grand blabla, plus cher qu'utile, avec pour idée de poser tous les sujets épineux sur la table dans une transparence totale a toujours été une illusion. Dommage, encore loupé, la matrice ne repartira pas de zéro. A dire vrai, la question ne s'est jamais posée. La réalité d'un quotidien interdisant de rêver sera invariablement le même pour une grande majorité de bonnes âmes autour du globe. Le désormais trop connu ascenseur social est en panne, pour une durée indéterminée l'escalier est en rénovation tandis que l'échelle de secours n'existe bêtement pas. Dans ces conditions, comme cela arrive quelquefois, le pays des droits de l'homme - qu'il n'a jamais été - vacille. Il est loin d'être le seul. Sur le sol des républiques, il n'en reste plus beaucoup pour croire aux berceuses étatiques. Donc oui ça brûle, ça casse, ça s'agite, ça vit... Mais que les conservateurs se rassurent, nous savons tous qu'il s'agit là d'un épiphénomène. Les choses rentreront tôt ou tard dans un ordre établi de longue date. Si tant est qu'ils puissent se loger, sinon un carton fera l'affaire, les gens finiront par rentrer chez eux. De gré ou de force, la désobéissance civique sera refrénée, le besoin d’espérance avec. Tant pis si au passage les bouddhas s'immolent et si des litres de sang coulent sur le bitume, ça ne sera jamais celui du système.

vendredi 28 septembre 2018

Wax Digger Reviews Express #12 : Spécial Creedence Clearwater Revival

Wax Digger Reviews Express #11 : Spécial Creedence Clearwater Revival 



Quasi un an d'absence mérite un retour, je l’espère, digne de ce nom. Voilà pourquoi j'ai choisi trois vinyles à chroniquer, histoire de rattraper un tant soit peu ce retard. Un trio assez différents dans leur approche bien qu'ils soient regroupés sous une unique bannière, celle des Creedence Clearwater Revival. 


Creedence Clearwater Revival (1968)



Playlist : A1- I Put a Spell on You / A2- The Working Man / A3-  Suzie Q / B1- Ninety-Nine and a Half (Won't Do) / B2- Get Down Woman / B3- Porterville / B4- Gloomy / B5- Walk on the Water


Well, I was born on a Sunday

cover image photo groupe creedence musique music
Fantasy Records
 Vingt petites secondes. Il ne faut qu'une vingtaine de secondes pour absorber à quel point l'art des Creedence Clearwater Revival fut influencé par la musique noire, celles des plus grands bluesmen et jazzmen. Sur chaque album, cette inspiration tiendra une place primordiale, elle s'entend autant qu'elle se ressent. Ainsi il est normal que cet amour invétéré s'affiche sans ambiguïté dès l'introduction de ce premier disque avec I Put a Spell on You. Il s'agit d'une reprise, elle atomise l'originale, sortie sur le label Okeh à la fin des années cinquante. Là où Screamin' Jay Hawkins semble chanter sous une relative ivresse, John Fogerty, guitariste et chanteur des CCR, propose une prodigieuse interprétation. Il ressort de cette performance une émotion manifeste, transcendée par une musique d'une élégance sans nom. On croirait entendre un Clapton à son firmament, excusez du peu. Ce n'est pas tout car dans un monde meilleur, les cordes vocales de John auraient très bien pu s'accorder à celles de Janis Joplin. Bref, depuis ce sont des centaines de cover qui sont apparues mais rien ne vaut cette admirable et délicieuse version, atteignant le rang de masterpiece.

 Plutôt pas mal pour un début. Pour rester dans l'excellence, mettons sous silence le titre d'après afin de s’intéresser à un autre mastodonte se nommant Suzie Q. De nouveau une reprise ! diront certains. Le blues tourmenté de Jay Hawkins offre sa place au rockabilly de Dale Hawkins. Des homonymes hors liens de parenté. On en vient au point central lorsqu'on évoque les Creedence. La musique de ce quatuor sera métissée en permanence. Pas seulement dans un apprentissage pur et dur, comme une grande majorité des musiciens au milieu du vingtième siècle. Un exercice souvent chiant mais indispensable à tous ceux ayant compris que le blues et le jazz, qu'on le veuille ou non, sont de formidables écoles quand on désire maîtriser un instrument. Eux utilisent un procédé direct, ils ne se planquent pas. Sans s’inquiéter d'une couleur de peau, ils dissèquent la crème de ce qu'ils écoutent et le restituent sous une saveur proche de leur philosophie. Cette méthodologie donne un son plus complet qu'il en a l'air. Alors bien entendu, il n'était pas insolite en ces temps d'entendre des guitares parfois claires ou stridentes, canalisées par un groove roulant des mécaniques. Néanmoins, chez-eux, au fil de leur carrière, réunir la country et le blues pour qu'ils ne fassent qu'un, est une conviction des plus sérieuse. Ceci explique en partie pourquoi ce groupe est devenu la bande son des USA. Toutes leurs chansons occasionnent une envie de grands espaces, peuplés, selon votre convenance, de bisons ou d'alligators. On se téléporte dans l'ambiance fantasmée des vieux films, catégorie Western. Inutile de bouger de notre canapé, nous traversons le territoire américain en diligence avec un tel souci du détail que du côté de chez Rockstar - producteurs de la licence vidéo-ludique Red Dead Redemption - on en serait presque jaloux. On rêve donc, on voyage et tout s'éclaire quant à l'utilisation massive de leurs œuvres dans le monde du septième art.

 J'ai maintenant pris pour habitude de penser que tout le monde aime au moins un morceau de CCR. Il existe juste des gens qui ne le savent pas encore, c'est tout. Quand vous entrez dans un endroit public et que vous entendez ces airs, sauf s'il s'agit d'une radio, vous saurez que vous êtes au bon endroit, au bon moment. Rien n'est à jeter sur ce vinyle et ce malgré quelques légères imperfections, que l'on pardonnera sans sourciller. On pourrait croire, voire redouter pour certains frileux, à la vue de sa pochette psychédélique, que cet album en soit un digne émissaire. Tel un commercial peu discret sur ses intentions. Ce n'est pas le cas. Dans ce cas précis, le son est plus subtil que l'image. Si le monde entier ou presque, se soignait au LSD en mille neuf-cent-soixante-huit, on en trouve peu de traces. Il y'a des petites touches, certains effets, disséminés là ou là mais rien qui dénature les autres teintes musicales. Seules exceptions, Gloomy et Walk on the Water qui arborent fièrement un amour passionnel envers les hypnotiques hallucinations auditives.

 A la suite d'un parcours semé d'embûches durant de nombreuses années, Creedence Clearwater Revival sort enfin un disque. Une longue attente en valait la peine car il est une grande réussite sur pas mal de points. Sans en être le meilleur, il restera pour l'éternité l’aîné d'une discographie impossible à soustraire de l'univers du rock d'une part mais aussi d'une culture mondiale. Tout ce qui fait d'eux une grande formation est déjà présent. Peu importe si beaucoup d'artistes avaient produit, avant mille neuf-cent-soixante-huit, une quantité ahurissante de choses incroyables sur tous les continents. Il n’empêche que cela a dû être une claque de poser pour la première fois le vinyle sur son support d'écoute, qu'il se trouve dans un salon au papier peint douteux ou dans une chambre d'ado. Ce jour-là, nul doute que de nombreuses vocations se sont faites.

mardi 17 octobre 2017

Chronique : Various : SWEELY/GHINI-B/GAB JR/REDJ ~ Swap White LTD04 (2017)


Swap White LTD04 (2017)


La capitale azuréenne est-elle devenue un mélange dansant entre le Bronx et Chicago ? Sans doute que non, pas encore tout du moins. Pour autant, avec son dernier EP au visuel très réussi, Swap White LTD habille les célèbres chaises bleues d'un ton musical un peu plus pastel qu'à l'accoutumée. Bien que déjà disponible chez quelques disquaires Niçois - Evrlst.Inc notamment - sa sortie officielle est programmée pour le vingt-cinq octobre deux mille dix-sept. 


Playlist : A1 Sweely - It Come From Him / A2- Ghini-B - 60601AA / B3- Gab Jr - Nikaya / B4- Redj - Lune De Fiel


A la faveur de l'automne...


 Lorsqu'un site d'e-commerce ne sait pas dans quelle catégorie classer une nouveauté, il lui colle l'étiquette passe-partout techno/house. N'y voir là aucunes acerbes critiques envers un système feignant puisqu'il n'est jamais simple de définir un EP de musique électronique, qui plus est quand celui-ci est un various. Dans les faits, pourtant, les choses sont comme toujours bien plus complexes car les références proposées dans ce nouvel SWLTD sont nombreuses et diverses. Faisons-nous aussi l'impasse sur toutes ces subtiles considérations afin d'y revenir un peu plus tard. Pour l'instant, le seul truc important à savoir concerne la direction artistique qui a pas mal changé depuis la dernière sortie du label. Exit la deep house classieuse, brumeuse et monochrome, Swap White LTD soigne sa distance d'affichage. Bon, ce n'est pas non plus devenu une de ces vieilles ampoules à filament qui éblouit plus que de raison une chambre au point d'en faire un monde blanc. Néanmoins, leur musique se tamise, elle reste compacte mais moins sombre. L'obscur automne se fissure pour laisser place, cette fois, à un faux air d'été indien. Calmons les allégories étant donné que tout est relatif. Les goûts, au même titre que la politique - celle des choix quotidiens et non télévisuels - étant impossibles à modifier en profondeur, nous retrouvons la fameuse marque de fabrique du label, et c'est tant mieux. Pour être sommaire, sur les quatre compositions que compte cet EP, nous retrouvons des grosses voix, toutes aussi bien choisies les unes que les autres, ainsi qu'un savoir-faire musical autant minutieux que sans failles.

mardi 12 septembre 2017

Wax Digger Reviews Express #11 : Queens Of The Stone Age, Rammstein, Deftones



Wax Digger Reviews Express #11


Un trio d'albums certes jeune puisque n'ayant pas encore atteint leur majorité mais non pas moins grands de par leur apport, majeur lui, à leurs domaines respectifs. Petit détail amusant, ils comportent tous onze titres. 



Queens of the Stone Age ~ Rated R / Rated X (2000)

Playlist : 1- Feel Good Hit of the Summer / 2- The Lost Art of Keeping a Secret / 3- Leg of Lamb / 4- Auto Pilot / 5- Better Living Trough Chemistry / 6- Monsters in the Parasol / 7- Quick and to the Pointless / 8- In The Fade / 9- Tension Head / 10- Lightning Song / 11- I Think I Lost My Headache 


Nicotine, Valium, Vicadin...


 Paru le vingt-cinq août, Villains, le nouvel album des Queen of Stone Age, n'a eu comme seul effet positif que de me donner envie d'écouter à nouveau les anciens. Sans aller jusqu'à dire que c'est de la merde, il faut bien avouer sans y aller par quatre chemins qu'il est, nettement, le moins intéressant de la discographie. Empruntons donc les couloirs du temps et téléportons-nous en juin deux mille jusqu'aux portes du désormais célèbre studio d'enregistrement Sound City, en Californie. Un simple mais efficace riff d'intro est suffisant pour se rendre compte que les mœurs ont bien changé en dix-sept ans. Les préoccupations, l'amusement et l'originalité aussi, sans doute. Premier morceau d'un disque en comptant onze, Feel Good Hit of the Summer pourra être pris pour un hymne aux produits illicites. Il le restera durant toute la chanson puisqu'elle ne compte que huit mots répétés en boucle pendant deux minutes quarante-cinq.

 Rated R - son nom sur le format CD, à la pochette bleue, il se nomme Rated X en support vinyle avec une pochette orange cette fois - est un disque complexe rendu simple. Du pur QOSTA en somme. Fidèles à leurs habitudes, les musiciens s'amusent avec les structures et les décomposent avant de les recracher en ayant bien pris le temps de les mâcher avant. Ce n'est pas le plus fou des opus mais le travail réalisé n'est surtout pas à minimiser. Les bases musicales ne sont jamais rongées dans un excès de zèle. Aucune espèce de monotonie n'est à déplorer sans donner une impression de fragilité. Ils savent à tout moment où ils vont et par anticipation nous aussi. A mon sens, c'est cette principale force qu'ils ont perdue à la suite de vingt ans d'existence mais n'est-ce pas, après tout, une fatalité artistique ? Sûrement que oui. Bien que le Stoner bien lourd traîne sans cesse en toile de fond, Josh Homme et ses potes ont pris l'habitude de toujours s'aventurer sur des terrains plus mélodiques et doux. Sur ce disque, Auto Pilot en est un des exemples les plus notables. La voix s'y fait suave et rien ne viendra vous agresser, pas même une guitare laissant traîner ses notes aux tons criards.

 La géniale composition suivante, Better Living Throught Chemistry, met en exergue le splendide jeu de basse de Nick Oliveri. Dans son genre, et ce depuis Kyuss, il est l'un des tous meilleurs musiciens à son poste. Son jeu est plus que complet. Cependant, il sera éjecté du groupe à la suite de diverses altercations plus ou moins graves mais pour reprendre le dicton en vigueur : cela ne nous regarde pas. Enfin, je dois avouer que mon estime pour la personne a baissé à la suite de ces épisodes pour le moins tumultueux mais il est temps de refermer la parenthèse. Si vous souhaitez connaître l'archétype d'une chanson du groupe durant ces années-là, Monsters in the Parasol est tout indiqué. Entraînante, exubérante, évolutive et absurde, tout y est. Si la musique des QOSTA est majoritairement planante bien que dure, il existe souvent, dans les productions d'antan tout du moins, un moment craquage sous les airs d'une track hyper gueularde et destructrice. Ce n'est jamais mes compositions favorites mais ils se font plaisir et puis c'est toujours très court. A chacun son exutoire, ici il s'appelle Quick and to the Pointless. Fort heureusement, les choses rentrent dans l'ordre avec In The Fade. Encore un morceau brillant et la participation de Mark Lanegan, toujours là dans les bons coups, n'y est sans doute pas étrangère.

 Sans être le plus orgasmique de la discographie, Rated R/Rated X est un trip qu'il faut prendre à sa juste valeur. Les très bons moments s’enchaînent et les quelques imperfections se gommeront aisément de nos souvenirs. Son ambiance Californienne/désertique a de quoi enchanter les amateurs de musique qui ne le connaîtraient pas encore, une chance. Lourd comme seul le stoner sait le faire, souvent agréable et aérien, QOSTA avance à grands pas vers son futur chef-d'oeuvre qui sortira deux ans plus tard. Et bien entendu, nous y reviendrons mais pour l'heure, quitte à écouter Josh Homme, autant se concentrer sur ce disque intéressant à bien des égards plutôt que de perdre une heure sur un Villains portant, malheureusement, presque bien son nom.

mardi 23 mai 2017

Chronique : Pixies ~ Doolittle (1989)


cover pochette LP band groupe formation boston indie grunge Black Francis Kim Deal
4AD


Playlist : 1- Debaser / 2- Tame / 3- Wave of Mutilation / 4- I Bleed / 5- Here Comes Your Man / 6- Dead / 7- Monkey Gone to Heaven / 8- Mr. Grieves / 9- Crackity Jones / 10- La La Love You / 11- No. 13 Baby / 12- There Goes My Gun / 13- Hey / 14- Silver / 15- Gouge Away


De mille neuf cent quatre-vingt-huit à mille neuf cent quatre-vingt-onze, le groupe Pixies aura sorti quatre excellents albums sur le label 4AD. Une performance des plus remarquables ayant changé le rock en lui donnant une nouvelle impulsion. Deuxième de la discographie, Doolittle est sans conteste mon favori. 


Le surréalisme, c'est moi. 


 Primo, dégoter un album en adéquation avec ses pensées éphémères. Ensuite, moins évident, savoir quoi publier à son égard. Ceci fait, la véritable difficulté débute puis les aléas imprévisibles mais bien présents peuvent rendre la tâche épineuse, voire pénible. Se réveiller grognon et le projet tombe à l'eau. Surtout lorsque la moindre excuse, tant qu'elle a de vagues airs d'occupations momentanées, suffit à se laisser distraire au point d'en oublier l'objectif initial. Mettre à profit l'actualité a parfois du bon, se risquer à un profond manque de recul en est l'inconvénient. M'enfin, nous sommes tous saoulés, éreintés, d'une élection présidentielle à rallonge. Et puis sans remettre en cause leurs qualités, une chronique sur Little Red Record des Matching Mole's, sur le plus jamais de 20% des bérus ou bien encore sur le premier Rage Against The Machine, n'aurait pas été, dans ces circonstances du moins, une grande source d'inspiration. Ils honorent des idéaux méritant mieux qu'une fumisterie télévisuelle. Suite à la disparition de Chris Cornell, faire découvrir le premier Soundgarden à ceux qui ne le connaissent pas encore avait tout l'air d'un choix judicieux. Mais là encore, donner l'impression d'une nécrologie artistique préparée à l'avance est un rituel, indigne et mercantile, propre aux biographes prévoyants. Faites par des stagiaires, ils empilent les morts probables de l'année, au cas où. Il faut bien avouer que depuis Wikipedia, cela prend moins de temps. Chris attendra quelques mois, le temps du respect et d'une décence nécessaire. Inutile de se précipiter maintenant qu'il n'est plus là. Saluons juste avec une part de tendresse sa contribution au monde. Quoiqu'il en soit, je doute qu'il m'en veuille de le faire passer après les musiciens de Boston. Ils feront à jamais partie du même cercle, d'un même tout. 
Bref, quand la phase de recherche s'éternise, on se doit d'oublier les burn-out constants et revenir aux satanés fondamentaux. A nos listes personnelles, réelles ou virtuelles, rarement définitives de nos trente, cinquante, cent, meilleurs disques de tout les temps. L'envie et la motivation suivront car ces œuvres ne nous trompent pas. Imperturbables, sûrs de leurs effets bénéfiques, ce sont de loyaux soldats-apôtres luttant contre le fléau des quotidiens moroses. Pour un grand nombre, Doolitlle des Pixies, n'est pas seulement un de ces précieux alliés indémodables. En permanence bien visible, prêt à rendre service, il figure dans les premiers rangs, tel un spartiate des temps modernes. Paru en mille neuf cent quatre-vingt-neuf, il n'a pas pris une ride, ne s'est aucunement laissé recouvrir de poussière. En d'autres termes, il est un classique incontesté. Au-delà de la nostalgie qu'il évoque fatalement, le nouveau venu ne se sentira pas exclu. Grâce à une somme de qualité impressionnante, ce vinyle restera dans les esprits tant qu'il existera des passionnés d'art. 

mardi 25 avril 2017

Chronique : Blur ~ Parklife (1994)


cover image britpop band groupe photo vinyle vinyl LP
Food Food


Playlist : 1- Girls & Boys / 2- Tracy Jacks / 3- End of a Century / 4- Parklife / 5- Bank Holiday / 6- Badhead / 7- The Debt Collector  / 8- Far Out / 9- To the End / 10- London Loves / 11- Trouble in the Message Centre / 12- Clover Over Dover / 13- Magic America / 14- Jubilee / 15- This Is A Low / 16- Lot 105

Troisième album de Blur, Parklife est aussi, sans doute, l'objet musical le plus illustre du groupe. Est-ce pour autant qu'il le mérite ? La réponse tout de suite dans cette chronique. 


T'aimes les chiants ?  


 Cobain, le corps à peine tiède; le grunge contraint à oublier le crépitement des flashs; en mille neuf cent quatre-vingt-quatorze, la presse musicale cherche de nouveaux visages à exploiter. Finis les longs voyages transatlantiques pour les journalistes européens, un nouveau filon venait d’apparaître, pour la énième fois, du côté de l'Angleterre. Dans les faits pourtant, cette nouveauté pleine de promesses d'avenir n'avait rien d'inédite, au contraire. La britpop existait déjà depuis un bail mais les modes faussement révolutionnaires sont toujours imprévisibles sauf pour ceux qui tiennent à tout prix nous les vendre. Nous savons tous que lorsque un grand public découvre un mouvement, un style musical, les beaux jours de celui-ci sont depuis longtemps derrières. L'histoire est toujours plus complexe que son apparence mais approfondir est futile puisque les tabloïds et autres journaux, plus ou moins fréquentable artistiquement, avaient décidé par avance de ce que nous allions vivre aux travers de leurs incalculables pages. Alors... ils ont surmédiatisé deux formations et afin de rendre les choses sexy, ont créé un antagonisme inexistant au départ. Là aussi, je ne reviendrais pas longuement sur la fabrication d'un mythe, il est connu de tous. Ceux se sentant exclus pourront rattraper le wagon grâce au million de documentaires produits depuis plus de vingt ans sur ce sujet. Résumons tout de même la situation d'une façon limpide en disant que comme à l'époque The Beatles VS The Rolling Stones, des décennies plus tôt, les médias, dans leur ensemble, nous on largement encouragés, pour ne pas dire imposés, de choisir un camp. Il va de soi que pour réaliser de meilleures ventes, défendre son drapeau était plus que souhaitable.

mardi 14 mars 2017

Chronique : Wire ~ Pink Flag (1977)


Harvest

Playlist : 1- Reuters / 2- Field Day For The Sundays / 3- Three Girl Rumba / 4- Ex Lion Tamer / 5- Lowdow / 6- Start To Move / 7- Brazil  / 8- It's So Obvious / 9- Surgeon's Girl / 10- Pink Flag / 11- The Commercial / 12- Straight Line / 13- 106 Beats That / 14- Mr.Suit / 15- Strange / 16- Fragile / 17- Mannequin / 18- Different To Me / 19- Champs / 20- Feeling Called Love / 21- 1 2 X U


Album culte. Tout simplement. 



Structurer la destruction.


 Ne fumer aucune cigarette durant l'écriture d'une chronique, qui plus est d'un disque punk, est un défi aux allures de supplice. Surtout au lendemain d'un match volé d'une façon si éhontée. Rester calme et ne plus y penser. Au-delà de l'exploit individuel que ce genre d’initiative requiert il faut, quelques heures, se glisser dans la peau d'un straight edge convaincu. Une chose peu évidente à réaliser, voire contre nature pour quelqu'un qui ne l'a jamais été sauf lors des premières années de sa vie. Que les initiés m'excusent de les réduire à si peu car quoique l'on puisse en penser, c'est une philosophie respectable pour peu que l'on arrive à s'y tenir. Disposer d'une auto-discipline de fer est une qualité rare et se résoudre aux efforts prônés par ce mouvement, tout en y prenant plaisir, n'est pas à la portée du premier humain venu. Encore moins lorsque pour soi cette musique est, au fond, tout l'inverse, à savoir, peu ou pas de contraintes. Mais du coup, ne pas adhérer à une série de clichés, ou les rejeter en bloc, devient un droit plus qu'une obligation, c'est en çà que se trouve toute la magie libertaire du punk. Seul lui était en mesure d'incuber le straight edge. Pour autant, la liberté de se détruire prématurément, puisque No Future, grâce à divers subterfuges fait partie intégrante de la culture punk, celle de base. Celle partagée par ce que l'on a pris pour habitude de nommer, avec une once de mépris dans le regard, le punk à chien. Bien plus majoritaire, cette catégorie ne doit pas être blâmer puisque dès lors que nous choisissons ce mode de fonctionnement - quand ce n'est pas lui qui nous épouse - c'est avant tout pour ne pas avoir à se coltiner une existence remplie d'obligations monotones. Die Young and Stay Pretty, sinon c'est prendre le gros risque de devenir chiant et aigri. Il suffit pour s'en convaincre de voir le spectacle médiatique devenu navrant que nous inflige un Johnny Rotten, devenu si vieux qu'il a besoin de rappeler à qui veut l'entendre - et surtout le croire - que sans lui et les Sex Pistols, rien, ou presque, en ce qui concerne cette scène n'aurait existé. Il n'est pas le seul à placer le curseur de la vantardise au mauvais endroit mais comme nos grands-parents radoteurs on ne peut pas s'en émouvoir. Quoiqu'ils peuvent dire comme conneries inexactes, nous gardons tout de même une part de tendresse à leur égard. Nous sommes trop conscients qu'avec un peu de malchance, c'est aussi ce qui nous attend.

mardi 28 février 2017

Wax Digger Reviews Express #10 : Hot Tuna, Phantom of Paradise, The Zombies


Wax Digger Reviews Express #10


Une bande originale et deux classiques du rock sont le programme psychédélique de ce dixième Wax Digger Reviews Express. 


Hot Tuna ~ America's Choice (1975)


Playlist : 1- Sleep Song / 2- Funky #07 / 3- Walkin' Blues / 4- Invitation / 5- Hit Single #1 / 6- Serpent Of Dreams / 7- I Don't Wanna Go  / 8- Great Divide : Revisited

America's Choice plutôt qu'America First.


cover picture pics rock classic vinyle vinyl LP
Grunt Records

Paru en mai mille neuf cent soixante-quinze, America's Choice ratisse large sans en perdre sa dignité. Un néophyte curieux de l'univers blues-rock trouvera en ce disque une parfaite et accueillante porte d'entrée. De fait, le féru du genre se sentira lui, à juste titre, en terrain connu. Les deux camps seront quoiqu'il advienne conquis, c'est une certitude tant Hot Tuna est facile d'accès. Sans être monumental, il faut louer le travail effectué. Certes en premier par les musiciens eux-même mais n'oublions jamais les petites mains de l'ombre. Ceux assis de longues heures derrière une table de mixage avec pour seul but de rendre un devoir propre. America's Choice prône ce large rassemblement des esprits jusqu'à sa fin. Rien ne dépasse, tout est conforme à l’appellation. Parfois, souvent, il sonne lisse et neutre, sans éclats. C'est à ces instants précis qu'une folie d'une douceur relative et revendiquée débarque afin de gommer cette forte impression. D'ailleurs, la première chanson, Sleep Song, donne une bonne vue d'ensemble. Assez vite, une forte touche psyché s'additionne à l'alchimie et tous ces passages réussis font de ce disque un très bon moment pour ce qu'il propose. Ces envolées ajoutent du corps et une âme, car je me dois encore une fois d'insister : pour celui qui connaît le blues-rock, l'originalité ne sera jamais, ou rarement, au rendez-vous. 

 Et c'est bien là où le bât blesse. Le coutumier alterne sans cesse entre un sincère enthousiasme débordant et une flopée de sentiments beaucoup plus mesurés. Rien n'y est mauvais ni même juste bon, au contraire, sauf qu'une chanson sur deux, tombe dans le classique trop entendu, déjà à cette période. En mille neuf cent soixante-quinze, une foultitude de groupes s'étaient aventuré en masse sur ces terres et en avaient dés lors tiré une quintessence palpitante disposant de bien plus de trouvailles. 
Quelquefois, cette émotion sera aussi présente mais à si peu de moments, que ça en devient regrettable. Ce disque est à ranger aux côtés des faussaires talentueux. Un bon point pour lui, America's Choice a été enregistré à San Francisco. il en a l'âme, le bagout, la virtuosité ainsi que l'odeur des drogues. Jorma Kaukonen confirme son habilité à la guitare et au chant alors que dans le même temps, Jack Casady à la basse, réalise une prestation sans écueils, notamment sur l'excellent Invitation. Et puisque nous y sommes, autant féliciter son comparse, Bob Steeler à la batterie qui lui est tout aussi dans le coup. Malgré la tiédeur de l'introduction, il ne faut pas faire la fine bouche. Certains morceaux tirent vraiment leur épingle du jeu. C'est le cas par exemple de Serpent of Dreams et surtout de I Don't Wanna Go, entre autres.

 S'il ne se trouve pas à cent pour cent dans sa musique, le génie se place dans cette pochette. Affichant un baril de lessive en trompe œil, elle se montre originale et inventive. L'ingéniosité a largement été saluée depuis, puisque l'artwork figure en bonne position de tous les bouquins traient du vinyle. Ils pullulent dans les rayons de la fnac depuis le revival de ce format audio. Avoir un design astucieux, signé Frank Mulvey, ne suffit pas si le principal intérêt sonne fade. Quoi que l'on pense de leur classicisme, voilà un défaut que ces longs morceaux, plus de cinq minutes en moyenne, n'ont définitivement pas. America's Choice me rappelle par bien des aspects l'excellent #01 du groupe Big Star. Il provoque cette même bonne humeur en tout cas. Alors bien sûr sa dualité sera une force ou une faiblesse selon les goûts et les conditions d'utilisation propres à chacun. Nickel pour une soirée entre amis, en amoureux ou bien encore pour faire son ménage mensuel, il ne demande pas une concentration d'écoute de tous les instants. C'est plutôt une bonne chose puisque de toute façon il parviendra à se faire remarquer très souvent et c'est ce qui fait que peu importe l’expérience à ses côtés, nous n'en garderons que de bons souvenirs. Un vinyle cool et sympa à petit prix, autant en profiter pendant que cela existe encore. 



mardi 24 janvier 2017

Chronique : De La Soul ~ 3 Feet High And Rising (1989)


hip hop album cover pochette rap musique vinyle LP BCM Records
BCM Records

Playlist : 1- Intro / 2- The Magic Number / 3- Change In Speak / 4- Cool Breeze On The Rocks / 5- Can U Keep A Secret ? / 6- Jenifa Taught Me (Derwin's Revenge) / 7- Ghetto Thang  / 8- Transmitting Live From Mars / 9- Eye Know / 10- Take It Off / 11- A Little Bit Of Soap / 12- Tread Water / 13- Potholes In My Lawn / 14- Say No Go / 15- Do As De La Does / 16- Plug Tunin' (Last Chance To Comphrehend) / 17- Da La Ogree / 18- Buddy / 19- Description / 20- Me Myself And I / 21- This Is A recording 4 Living In A Full Time Era (L.I.F.E) / 22- I Can Do Anything (Delacratic) / 23- D.A.I.S.Y. Age


De la bonne humeur afin de commencer cette nouvelle année, ça peut être une bonne idée. Alors attardons-nous sur De La Soul et son premier album. Paru en mille neuf cent quatre-vingt-neuf, 3 Feet High And Rising est ce genre de disque que nous pensons connaître grâce à ses tubes mais dont nous avons oublié, en réalité, tout le reste.


Everybody wants to be a emcee.


 Comme plusieurs centaines d'autres, avant ou après lui, ce disque attendait depuis un long moment son tour. Janvier, l'hiver en général suivant nos localisations respectives valant si chères aux géants du net, est sujet à une question aussi vieille que la météo. Cette interrogation alimente les conversations des psychologues musicaux, pas tous d'accord entre eux, personne n'aurait osé en douter. Devons-nous, en période froide, écouter une musique sombre voire verglaçante et être ainsi en osmose avec les éléments naturels ou, a contrario, s'en foutre et laisser passer la chaleur au moins par nos enceintes ? Comme ce n'est qu'une introduction comme une autre, je vous laisse le soin d'y répondre. Ici, le choix est vite fait et nul besoin d'une primaire pour s'en convaincre. Grâce à ses couleurs flashy et sa cool-attitude, 3 Feet High And Rising bataille avec à armes inégales contre la morosité de l’extérieur. Le contraste n'en est que meilleur. Mettons de côté toutes ces considérations existentielles et cette impression de déjà-vu annuelle puis concentrons-nous sur une valeur sûre. Cet album figure aux sommets de tous les classements musicaux depuis sa sortie, à la fin des années quatre-vingt, qu'ils soient mercantiles ou critiques. Ces tops valent ce qu'ils valent - souvent rien - mais ils donnent une bonne indication sur la trace que laissera un objet culturel dans l'histoire. Certains prêts à tout n'hésitent pas à dire qu'il est le Dark Side of the Moon de sa catégorie. Vu que je ne comprends pas le rapprochement, je leur laisse la responsabilité de leurs propos. D'autres soulignent que De La Soul sont les The Beatles du hip hop. Si là on peut comprendre l'idée sous-entendue derrière, il n’empêche que cela reste parallèle plutôt étrange. Ce LP est très bon dans ce qu'il propose et ce genre d'affiliations incomparables ne lui sont d'aucunes utilités, si ce n'est le desservir. Il se suffit à lui-même et n'a certainement pas besoin qu'on lui inflige un manque de respect flagrant sous couvert d'un compliment admirable. Peu importe que les noms précités soient d'immenses musiciens ou non, c'est lui enlever une partie de son mérite en tant qu'œuvre et, plus grave, minimiser le talent individuel de tout un collectif. De La Soul fait du De La Soul, c'est suffisant. Les choses étant remise dans leurs contextes, débutons véritablement cette chronique tout d'abord par la pochette. On la doit à des britanniques officiant sous la bannière de la Grey Organisation. Le moins que l'on puisse en dire c'est qu'elle se repère de loin, ça peut être une qualité non négligeable sur un vide-greniers. Pour le reste, faut aimer le criard qu'elle affiche. Avec son aspect kitsch et ses couleurs vives, je l'apprécie. Elle invite le néophyte à la découverte et vu son contenu il ne le regrettera pas, c'est acquis.

mardi 20 décembre 2016

Wax Digger Reviews Express #09 : Jamiroquai, Funky Chicken ~ Belgian Grooves From The 70's Part 1, A Tribe Called Quest


cover photo wax digger reviews express funk LP Vinyl Vinyle Disque Soul Hip Hop Skeud
Wax Digger Reviews Express #09


Trois disques au funk plus ou moins affirmé sont au programme de ce neuvième numéro de Wax Digger Reviews Express. 


Funky Chicken ~ Belgian Grooves From The 70's Part 1 (2014)

Playlist : 1- Chakachas ~ Stories / 2- Mad Unity ~ Dunky Tramway / 3- Réné Costy ~ Ostinato Bass / 4- Alex Scorier ~ Topless / 5- Open Sky Unit ~ Sunshine Star / 6- Plus ~ Gimme Some More Of That / 7- André Brasseu ~ Funky  / 8- Chicken Curry & His Pop Percussion Orchestra ~ Librium / 9- Placebo ~ Balek / 10- Les Hélions ~ Music & Co / 11- Black Blood ~ Avenue Louise / 12- S.S.O Feat Douglas Lucas & The Sugar Sisters ~ Tonight's The Night / 13- Nico Gomez & His Afro Percussion Inc. ~ Ritual / 14- André Brasseurs ~ Saturnus / 15- Chocolat's ~ El Caravanero 


Manneken-Swing


photo album compilation funk  soul cover
N.E.W.S
 Je l'avais déjà effleuré lors de la chronique sur Blow de Ghinzu mais cette compilation belge figure en bonne place de mes bonnes surprises de l'année deux mille seize. Parues deux ans auparavant sur le label N.E.W.S, ces chansons éclectiques, mais toujours dans une thématique bien précise, nous font découvrir à retardement une scène prolifique en plus d'être très talentueuse. Belgian Grooves From The 70's Part 1 fait partie de ces coups de cœur imprévisibles et tant mieux, ils n'en demeurent que plus marquants. Divisés sur deux vinyles, ces compositeurs nous prouvent surtout une énième fois que le plat pays n'a été épargné par aucun courant musical pour notre plus grand bonheur. Mieux, il assume pleinement sa part aux succès planétaires de certains d'entre eux  à travers les époques.

 Plus qu'une simple compilation, il s'agit d'un documentaire en musique auquel nous sommes confrontés. Si le volume 2 est pour ma part un peu moins inspiré, celui-ci est de haute volée. De la production à la réalisation rien n'a été négligé, ni il y a trente ans, ni à sa sortie. Il y a souvent une part de facilité dans l'idée de proposer un patchwork de chansons mais les responsables de Belgian Grooves From The 70's Part 1 sont de véritables dénicheurs de talents plus ou moins cachés. Dans un pareil contexte l'une des choses les plus dures est de mettre le bon titre au bon moment. Une pression exacerbée sur le premier titre. Heureusement, Chakachas ~ Stories est un choix parfait. Bonnes vibes dansantes et sourires seront bien là. Cela rassure sur les intentions proposées et elles se confirme avec le titre qui suit. Lui sera un peu plus space mais tout aussi passionnant d'aisance. Bien entendu, au vu du genre mis en avant, nous n'échapperons pas tout au long de ces deux disques aux orchestrations sans failles, dont les cuivres seront les dignes héros. Seulement la troisième chanson qui s'engage et désormais c'est une révélation remplie de certitudes qui se déclare. Le début de cette compilation est extraordinaire et dépasse les attentes. Reste à savoir si elle peut se maintenir avec autant d'exigence sur toute sa longueur. En attendant Réné Costy ~ Ostinato Bass bénéficie d'une structure enfantine. Néanmoins, une fois lancée, elle se range aux côtés des plus grandes dans son registre. Quant à Alex Scorier, il nous envoie avec bonheur dans un film avec Louis De Funès. Un sacré compliment lorsque l'on sait la part importante de la musique dans ses films.

 La première face s'en sort sans aucune faute de goût. Sa force est de bénéficier de structures prévisibles et donc réconfortantes tout en favorisant les passages plus improvisés, parfois un peu psychédéliques. L'other side s'ouvre au chant. Gimme Some More Of That du groupe Plus, n'a rien à envier aux compositions new-yorkaises. On avance sinon nous allons déroger à la règle principale de cette section si particulière. Je n'ai de toute façon pas envie de vous priver de découvertes aux airs de surprises délicieuses. On a droit à une apparition du groupe Placebo, non pas le groupe d'anglais dépressifs, mais l'autre moins connu mais tout aussi accrocheur. Avenue Louise des Black Blood est rafraîchissante tandis que Nico Gomez et ses percussions afro balancent un son plus osé. Il en est de même avec André Brasseur qui, avec Saturnus, verse dans l’ethnique et l'organique.
Sans avoir fait un tour complet du propriétaire il ressort de tout ceci un excellent moment. Disons-le sans détour, cette compilation est un indispensable à tout amoureux de funk et de musique. Aussi cool que sa pochette le laisse penser, Belgian Grooves From The 70's Part 1 est incroyablement riche en trouvailles. Comme nous le verrons, il y a du neuf qui ne mérite pas son prix de vente. Voici le divin inverse. A acheter les yeux fermés.





mardi 29 novembre 2016

Chronique : Slayer ~ Reign In Blood (1986)


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Def Jam Recordings

Playlist : 1- Angel of Death / 2- Piece by Piece / 3- Necrophobic / 4- Altar of Sacrifice / 5- Jesus Saves / 6- Criminally Insane / 7- Reborn  / 8- Epidemic / 9- Postmortem / 10- Raining Blood


Peut-on faire plus extrême tout en étant aussi envoûtant ? Sûrement. En attendant d'avoir une preuve formelle, Slayer et son Reign In Blood reste au sommet d'un iceberg aussi brûlant qu'un enfer hypothétique. 



Aux chiottes l'arbitre.


 Lorsque son équipe fétiche perd, qui plus est quand elle n'aurait jamais dû, ou quand elle fait match nul contre un de ses innombrables ennemis jurés, inexorablement des réactions identiques à tout passionné se mettent en évidence. La télécommande vole à travers la pièce. On hurle à l'injustice, en malmenant, parfois, l'objectivité. On insulte l'arbitre de tous les noms puis on le maudit sur plusieurs générations. Bien sûr, avec les joueurs, nous faisons de même, en oubliant tous les moments de joie procurées par un passé pas si lointain. Nous oublions tout autant qu'ils ne sont que de simples humains et que, de fait, perdre est la caractéristique les représentant au mieux. On tape sur les murs, les portes, les oreillers, en frôlant un AVC très répandu en période de coupe du monde et qu'est-ce qu'on fait après le dîner ? on se couche. Alors ronchon, dans notre lit, on ferme les yeux et dans une énième pulsion masochiste, on se remémore l'action qui, sans un attaquant aux allures de chèvre, aurait pu tout changer. Bref, nous sommes en vie et notre cerveau nous le rappelle de la pire des façons. Si ces réactions ingrates font après tout partie du sport, il existe une solution plus rapide mais aussi plus radicale, afin d'évacuer ce stress susceptible d’apparaître semaine après semaine. Elle consiste à écouter Reign In Blood de Slayer. Ou, autrement dit, trente tumultueuses minutes bénéfiques aux âmes perturbées. La violence par la violence. Paru le sept octobre mille neuf cent quatre-vingt-six, ce disque a beaucoup d'arguments à faire valoir. Ce n'est pas un coup d'essai, puisqu'il s'agit du troisième opus du groupe, néanmoins c'est un véritable coup de maître qu'il propose. La principale nouveauté, en comparaison des précédents, se situe dans la durée des titres, raccourcis, ainsi que dans une augmentation de la vitesse d’exécution. Un excellent moyen de rendre hommage, entre autres, au punk hardcore dont ils n'auront jamais minimisé l'influence.

lundi 31 octobre 2016

Chronique : Marilyn Manson ~ Holy Wood (In The Shadow Of The Valley Of Death) (2000)


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Nothing Records

Playlist : A: In The Shadow : 1- Godeatgod / 2- The Love Song / 3- The Fight Song / 4- Disposable Teens 
D : The Androgyne : 5- Target Audience (Narcissus Narcosis) / 6- President Dead / 7- In The Shadow Of The Valley Of Death  / 8- Cruci-Fiction In Space / 9- A Place In The Dirt 
A : Of Red Earth :10- The Nobodies / 11- The Death Song / 12- Lamb Of God / 13- Born Again / 14- Burning Flag 
M : The Fallen : 15- Coma Black / 16- Valentine's Day / 17- The Fall Of Adam / 18- King Kill 33 / 19- Count To Six And Die (The Vacuum Of Infinite Space Encompassing)


Quatrième album du groupe, Holy Wood (In The Shadow Of The Valley Of Death) est paru le quatorze Novembre deux mille sur le label Nothing Records. Loin d'être sans reproches, il tire toutefois son épingle du jeu en nous proposant un univers dense et parfaitement bien développé. 


Un bon album d'un artiste de merde.


 Spontanément, c'est avec ces quelques mots que je décrirai ce disque auprès de quelqu'un qui ne le connaîtrait pas encore. J'y apporterai une précision toutefois, en soulignant que cela fait une éternité que je n'ai écouté ni l'artiste, ni cette oeuvre. Brian Hugh Warner, alias Marilyn Manson, se paie un luxe peu enviable. Il est de ces musiciens que l'on a appris à détester, le mot est faible, au fil de ses parutions. A tort, à raison, parfois même sans trop savoir pourquoi, ou plutôt selon des valeurs indiscutables mais au fond sans intérêt, une majeure partie des amateurs l'ont foutu de côté, afin de ne plus jamais y revenir. Brian n'est plus qu'une simple image du passé, au même titre qu'une foultitude d'autres avant lui. Une réminiscence enfermée dans une énième boite de Pandore, prenant la poussière sur une étagère. De temps en temps, on y pense avec une certaine affection, sans pour autant oser l'ouvrir de peur d'être déçu, de lui et surtout de soi-même. Une quinzaine d'années plus tard, il est l'heure d'affronter ses souvenirs. Je ne sais pas ce que je vais penser de cet Holy Wood, après une si longue absence mutuelle. Quoiqu'il en soit, je ne peux décemment pas renier toutes nos heures passées ensemble. A sa sortie, je l'ai aimé, beaucoup écouté. Aujourd'hui, j'ai bien peur de m'en foutre tant Manson est devenu l'apôtre du mauvais goût universel, sans parler du reste. Pourtant les anciens n'auront jamais tari d'éloges en ce qui concerne les premiers albums, tandis que les "nouveaux" venus, au milieu des années deux mille, se contentaient eux, en majorité, d'une sombre merde risible du nom de The Golden Age of Grotesque, n'ayant pour lui qu'un titre prémonitoire.

mardi 11 octobre 2016

Chronique : Ghinzu ~ Blow (2004)


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Dragoon

Playlist : 1- Blow / 2- Jet Sex / 3- Cockpit Inferno / 4- Do You Read Me / 5- 'Till You Faint / 6- The Dragster Wave / 7- Sweet Love / 8- Hight Viltage Queen (Reign Of) / 9- 21st Century Crooners / 10- Mine / 11- Horse / 12- Sea-Side Friends

Si le nom tranchant de Ghinzu flatte votre oreille, Blow, paru en deux mille quatre sur le label Dragoon, n'y est sûrement pas étranger. 


No One Is Innocent.


 En musique, j'ai peu de regrets. Un d'eux persiste néanmoins. Il est endémique, me revient régulièrement en tête : Blow n'existe pas en édition vinyle. A l'heure où l'on inonde littéralement le marché d'albums parus, vendus, entendus, mille fois sous ce format, ce fait apparaît comme une anomalie étrange. A première vue, en tout cas. Car une fois que l'on a conscience que le label Dragoon appartient au groupe et non à une firme multinationale, les choses s'éclairent et deviennent assez compréhensibles, au moins sur le plan financier, encore lui. Rien n'est perdu, qui sait ? Puisque la mode est aussi aux campagnes participatives investissant dans tout et le n'importe quoi, peut-être, qu'un jour, nous aurons droit à une parution en LP, de bonne facture si possible. Ayant moi-même la flemme, j’espère qu'une âme charitable entendra cet appel et qu'une horde de fans y contribuera. Au fond, peu importe les caprices des diggers, ça n'a rien d'un drame. Comme toujours, le principal reste le contenu plutôt que le contenant et quelle que soit sa forme celui-ci excelle. En deux mille quatre, lors de ma découverte de l'album, c'est une claque, franche et vraie, que je me suis reçue. C'est d'autant plus costaud que mes coups de cœur parmi l'art musical post-deux mille se comptent sur les doigts d'un lépreux. J'abuse à peine. Si cette année-là on trouvait des choses intéressantes dans le rock, il n’empêche que ce style titubait, tel un jeune à sa sortie d'un établissement de nuit. Ghinzu, accompagné d'un petit cercle de Mohicans, était arrivé à point nommé pour le porter à bout de bras avant qu'il ne se casse, jusqu'à la prochaine vague, la gueule de son piédestal. C'est vrai, le metal parvenait encore à maintenir la tête hors de l'eau, outre ça, la machine à rêves n'était plus qu'une usine à cash peu inspirée et sans gloire. Tant pis, on ne peut pas vraiment dire que le rock soit tombé de haut, quelques marches à peine. Après tout, la décadence ne datait pas de la dernière pluie et nous n'étions abreuvés de productions merdiques que pour tenter de faire illusion envers un héroïque passé. Ou tant mieux, suivant les opinions. Tant que l'horloge munie de sa petite aiguille de vie, du temps et de la mode, tourne sur elle-même sans interruption; dans un mouvement perpétuel devenu lassant une fois qu'on en a compris ses codes. Sans aucun remord, d'autres genres ont trusté les charts et les cœurs jusqu'à en remplacer un qui ne méritait plus rien à force de stagnation intellectuelle et culturelle. Une occasion pour bon nombre de découvrir d'autres horizons, tout aussi intéressants dans leurs approches. Bref, donc au même titre que Queen of Stone Age, Ghinzu reste une des rares choses électriques que je retiendrais de la première décennie de ce nouveau siècle, si terne pour l'humanité en beaucoup de points qu'il y a de quoi tomber en avance dans un trou qui nous attend tous patiemment.

mardi 27 septembre 2016

Wax Digger Reviews Express #08 : Madness ~ Fabulous Poodles ~ Blondie


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Wax Digger Reviews Express 08

En cette fin de mois de septembre, trois vinyles issus de la fin des années soixante-dix sont au programme de ce huitième Wax Digger Reviews Express. 


Madness ~ One Step Beyond (1979)

Playlist : 1- One Step Beyond / 2- My Girl / 3- Night Boat To Cairo / 4- Believe Me / 5- Land Of Hope And Glory / 6- The Prince / 7- Tarzan's Nuts / 8- In The Middle Of The Night / 9- Bed And Breakfast Man / 10- Razor Blade Alley / 11- Swan Lake / 12- Rockin' In AB / 12- Mummy's Boy / 13- Madness / 14- Chipmunks Are Go !

Madness, madness, they call it Madness...


picture vinyle photo album groupe anglais ska punk pics
Stiff Records
 On ne le présente plus et pour cause. Même sur la planète Mars, sans doute, ils connaissent les sonorités ska/punk de ce groupe influent pendant les années soixante-dix. Malgré tout, qui a retenu les noms de ces musiciens ? Pas le temps de réparer cette injustice. Ce qui prime avant tout c'est de souligner leur capacité à redonner le sourire en un instant, un véritable talent. On le sait, une musique enjouée n'est qu'un moyen comme un autre de cacher avec pudeur des choses plus profondes. Cet album n'y fait pas exception. One Step Beyond est une plongée abrupte au cœur d'une Angleterre en demi-teinte, et ce sur environ tous les plans. Mille neuf cent soixante-dix-neuf, la première lame de fond punk vient de s'échouer tandis qu'un grand public découvre un mélange de danse et de rugosité. Un juste retour des choses au carrefour des chemins et des influences. Un album est figé au creux d'une époque qui, elle, diffère selon les individus. Les murs de tous les clubs rock - il en existe encore ? - autour du globe, résonnent encore des pas de danse chaloupés provenant de Doc Martens usées par la vie.

 Si une grande majorité de ces lieux sont désormais réduis à peau de chagrin, personne n'a oublié l'ambiance folle que n'importe lequel de ces titres arrivait à produire dans la pénombre. Une foule survoltée prenait place au milieu d'une piste clairsemée ou non, suivant l'heure de la nuit. Alors bien sûr, la pole position des plus joués jusqu'à la lassitude appartient au titre phare et éponyme. On l'oublie à force mais ce morceau a été écrit par un musicien jamaïcain avant d'être repris par les britanniques. Ne nous arrêtons pas à cela, ce n'est pas vraiment le genre de la maison ni le plus intéressant. Beaucoup de titres présents sur ce disque marchent encore comme au premier jour de leurs découvertes des années plus tôt. Je n'avais plus entendu l'album One Step Beyond depuis longtemps et ce fut un authentique plaisir de retrouver ces airs agrémentés d'un élégant saxophone. Quand un corps est réfractaire à la danse, il suffit de lui mettre ces chansons pour le faire changer d'avis en douceur.

 Certains, et je ne pourrais pas leur donner tort, ne jureront que par The Specials mais ce n'est pas tout à fait la même chose, ni la même démarche. Eux sont bien plus politisés et sérieux qu'un Madness, dans le fond et dans la forme. Néanmoins il manque à notre présent tous ces airs ska, punk synonymes de soirées d’errance. Des nuits où tout, surtout le meilleur, peut arriver. D'autres genres musicaux les ont remplacés et plutôt bien. Pour autant un retour de cette musique sur le devant de la scène ferait le plus grand bien à notre monde, tout en remettant en cause un bon nombre de ses nouvelles valeurs trop sages. Quoique, j'ai bien peur que sans une sincérité aussi affirmée que celle exprimée à la fin des années soixante-dix cet espoir soit vain. C'est sans doute même salutaire que toutes ces vieilles chansons restent confinées au sein d'une période, ensevelies sous nos souvenirs afin de ne pas en dénaturer son esprit optimiste. Bref, si ce n'est pas encore fait, n'attendez plus et écoutez One Step Beyond pour retrouver le sourire.

mardi 30 août 2016

Chronique : The Breeders ~ Last Splash (1993)


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4AD

Playlist : 1- New Year / 2- Cannonball / 3- Invisible Man / 4- No Aloha / 5- Roi / 6- Do You Love Me Now ? / 7- Flipside / 8- I Just Wanna Get Along / 9- Mad Lucas / 10- Divine Hammer / 11- S.O.S / 12- Hag / 13- Saints / 14- Drivin' On 9 / 15- Roi (Reprise) 

Une parution sur le label 4AD est souvent, pour ne pas dire toujours, un gage de qualité. Last Splash avec sa pochette au cœur gélifié comme un appétissant bonbon n'échappe pas à cette règle. 


Deal with it.


 Ceux qui ne connaissent pas encore les mythiques Pixies, se voient dans l'obligation de tout éteindre et d'aller se renseigner. Dans le cas contraire, vous avez gagné l'autorisation de poursuivre cette chronique. Aborder le sujet The Breeders, sans mentionner la formation précitée, est de l'ordre de l'inconcevable. Deux raisons principales à cela. Tout musicien de rock de la fin des années quatre-vingt jusqu'au début des années quatre-vingt-dix, doit, au moins un petit truc, à Black Francis et ses comparses, sinon c'est qu'il est mauvais. Bien qu'objectif, cet argument ne plaira pas à tous, alors passons au deuxième qui, lui, est imparable car historique. Si ces deux groupes sont indissociables, c'est aussi et surtout parce que Kim Deal, alors bassiste des Pixies, est la cofondatrice de The Breeders, la seconde étant Tanya Donelly, guitariste chez les Throwing Muses.
Fondée en mille neuf cent quatre-vingt-huit à Boston, cette nouvelle formation sortira un premier album deux ans plus tard, intitulé Pod. Une réussite mais au vu de leurs CV dans l'industrie sonore, personne n'en aurait douté. Trois années et quelques tournées plus tard, c'est au tour de ce Last Splash de voir le jour. Un cap est passé, c'est indéniable. A présent, on ne parle plus d'un bon album comme il en existe tant sur le continent américain mais d'un travail d'orfèvre comme il n'en existe que quelques poignées par décennies.

mardi 16 août 2016

Chronique : B-Ball's Best Kept Secret (1994)


picture hip hop rap USA pics photo image album compilation
Immortal Records

Playlist : 1- Bamboo - Hip Hop Basketball Genie / 2- Dana Barros - Check It / 3- Malik Sealy - Lost In The Sauce / 4- Shaquille O'Neal - Mic Check 1-2 / 5- Bobbito - Earl The Goat / 6- Cedric Ceballos - Flow On / 7- Brian Shaw - Anything Can Happen / 8- Chris Mills - Sumptin' To Groove To / 9- Sway & King Tech - From The Bay To L.A / 10- Jason Kidd - What The Kidd Did / 11- J.R. Rider - Funk In The Trunk / 12- Bobbito - Phat Swoosh / 13- Dennis Scott - All Night Party / 14- Gary Payton - Livin' Legal And Large / 15- DJ S&S- DJ S&S Represents / 16- Dana Barros & Cedric Ceballos - Ya Don't Stop

Lorsqu'un objet culturel est issu d'une franchise célèbre, il n'a, dans la plupart des cas, que très peu d’intérêt. Trop commercial, et donc trop facile, pas assez subtil, formaté à tous les étages, les griefs envers ces pratiques ne manquent pas. Et puis comme toujours, on trouve ici et là des exceptions extraordinaires. B-Ball' Best Kept Secret, sorti chez Immortal Records, fait partie de ces coups de cœur inattendus mais néanmoins explicables.


NBA Jam 94.


 Puisque le mois d’août est d'ordinaire régulier dans l'ennui qu'il procure, employons-nous à chroniquer une compilation ayant pour distinction de ne pas être chiante. Bien que - et nous y reviendrons - comme pour la plupart des mosaïques musicales, cette oeuvre parue en mille neuf cent quatre-vingt-quatorze n'est pas exempte de tout reproche. Rien de plus qu'une simple affaire de goût et de genres car sur sa globalité ce disque peut sans difficulté figurer parmi les indispensables de tout amateur de hip-hop. Inutile de se fourvoyer en une longue présentation. Par conséquent, disons sans détour que B-Ball' Best Kept Secret est une compil' regroupant une quinzaine de basketteurs de la ligue américaine. La NBA à son âge d'or. Intarissable en légendes éternelles, en talentueux esthètes du sport, qui auront fait rêver une grande partie des gamins de la planète lors des Nineties et auront imprégné de leurs prouesses l'esprit des autres. Surtout pour tous ceux qui auront posé leurs mains sur un célèbre jeu vidéo. Si les plus experts trouveront familiers des noms présents, le commun des mortels se rattachera au seul, sans doute, qu'ils connaîtront, même très vaguement, en la présence de l'immense pivot : Shaquille O'Neal.

mardi 12 juillet 2016

Chronique : Eagulls ~ Ullages (2016)


cover picture album disque vinyle photo rock pop postpunk
Partisan Records

Playlist : 1- Heads Or Tails / 2- Euphoria / 3- My Life In Rewind / 4- Harpstrings / 5- Velvet / 6- Psalms / 7- Blume/ 8- Skipping / 9- Lemontrees / 10- Aisles / 11- White Lie Lullabies


Un album peu inventif et des pensées personnelles, voici le programme du jour. 


Click, click, click.


 Ecrire, chroniquer, discuter, sur des disques datés de plusieurs décennies en arrière, c'est bien. Cela, comme tout le reste, capitonne la temporalité vide de sens à laquelle nous devons tous faire face. Ça ne changera d'ailleurs pas mais une fois cela dit, il faut savoir, quelquefois, changer ses habitudes de consommation, au sens le plus large du terme. Ecouter de la musique, que l'on en achète ou non, c'est consommer. Alors, cette fois au moins, passons devant le rayon frais pour voir ce que l'on nous propose. Il me semble l'avoir évoqué par le passé mais je n'ai vraiment pas pour habitude de me renseigner sur une sortie récente, qui plus est en matière de rock. Pour dire vrai, je ne sais même pas si ça m'arrive deux fois par an. Nous sommes libres d'en penser ce que l'on veut et pourtant il me semble que le plus simple afin de réaliser ce genre d'envie, c'est encore d'aller sur le site des Inrocks pour regarder leurs dernières chroniques. Bon, une fois passées toutes les productions boboïsante, un cœur de cible comme un autre, c'est un choix rédactionnel, je tombe sur un groupe m'étant littéralement inconnu : Eagulls.
L'accroche est aussi aguicheuse qu'un de ces titres vulgaires, et surtout mensongers, que l'on retrouve chez tous les mauvais sites de jeux vidéo : "le retour aussi attendu que surprenant des trublions du rock anglais". Nous voulions de la nouveauté, on retourne vingt ans en arrière sous l'impulsion d'une seule phrase. Après tout, pourquoi pas ? Cela sera parfait pour illustrer une pensée. Un propos planant en toile de fond de quelques chroniques que l'on trouve sur WDR. Remarquez, les anglais ont de la chance musicalement parlant. Leur rock fonctionne la plupart du temps alors, en toute logique, il y a peu de risques à se laisser tenter. Peut-être seriez-vous intéressé de savoir que l'article en question, chez les Inrocks, ne fait que seize (très petites) lignes. Plus un journal se présente comme une référence, plus ses journalistes sont feignants. Passons, ce n'est pas le seul et j'imagine qu'il s'agit plus d'une question d'espace alloué plutôt qu'autre chose. Du moins je l’espère. De toute façon, en étant sincère, Eagulls c'est sympathique mais leur art ne mérite sûrement pas que l'on s'y attarde plus que de raison. Je trouve simplement dommage de n'absolument rien apprendre, rien, zéro, sur ce groupe dans un article issu d'un journal dit spécialisé.

mardi 14 juin 2016

Chronique : Kraftwerk ~ The Man-Machine (1978)


Wax Digger Reviews art sound cover picture image photo song records LP vinyle vinyl album groupe
Capitol Records

Playlist : 1- The Robots / 2- Spacelab / 3- Metropolis / 4- The Model / 5- Neon Lights / 6- The Man-Machine 

Septième album studio de Kraftwerk, Man-Machine est disponible à la vente en Mai mille neuf cent soixante-dix-huit. Paru à l'origine sur le label Kling Klang, ce disque finira par asseoir ces quatre allemands au-dessus de la mêlée. Il est depuis devenu un classique de toute bonne vinylothèque.


Ya tvoi sluga, Ya tvoi Rabotnik.


 Souvent cité, toujours en des termes plus qu'élogieux, Kraftwerk n'avait jamais eu droit à sa chronique exclusive. L'erreur involontaire de programmation est à présent sur le point d'être corrigée. Au vu des titanesques qualités que l'on dégote au sein de la discographie des originaires de Düsseldorf, il n'était pas aisé de choisir parmi une foultitude d'albums à la fois très différents et relativement proches. Plus accessible qu'un Ralf Und Florian, moins mainstream qu'un Radio-activity, c'est à The Man-Machine d'illustrer en ce lieu une formation inégalable dans l'univers musical. Pour être honnête, pour une première, j'aurais pu commencer par un autre mais j'éprouve un attachement tout à fait singulier envers celui-ci. J'enfonce le clou en soulignant qu'il serait même fort probable que ce soit mon champion toutes catégories si, par le plus grand des hasards, je devais n'en retenir qu'un seul, au dam des fanatiques qui, sans le moindre doute, jugeraient ce choix trop sommaire. Dans un certain sens, c'est une vérité, il est simpliste mais c'est une habitude chez ces allemands de proposer de nombreuses mélodies très faciles à assimiler et tant mieux car le crucial se déniche ailleurs, par exemple dans la profondeur de leurs compositions. Ni meilleur ni pire qu'un autre, son ambiance à la fois lumineuse et glauque parvient constamment à retenir ma sollicitude. Quoiqu'il en soit, il convient d'écouter au moins une fois dans sa courte vie toutes les majeures productions de Kraftwerk tant elles sont riches en enseignement culturel. Les mots à suivre paraîtront d'une rengaine éclatante pour tous ceux qui s’intéressent assez largement à la musique, les autres doivent bien assimiler que sans le quatuor dont on parle aujourd'hui, ce sont des pans entiers de cet art qui disparaissent en une seconde. Non pas qu'ils soient les insolents créateurs de pas mal de genres, ils ne le sont pas, c'est une certitude, néanmoins, très tôt dans notre histoire, ils auront d'une façon brillante et avant-gardiste donné envie à des tas de génies d'explorer de nouvelles sonorités. On peut toujours me rétorquer que la place de mentor aurait été prise par d'autres mais nous n'en saurons jamais rien alors dans le doute...