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mardi 14 avril 2015

Chronique : Daniel Johnston ~ Hi, How Are You : The Unfinished Album (1983)


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Homestead Records

Playlist : 1- Poor You / 2- Big Businnes Monkey / 3- Walking The Cow / 4- I Picture Myself With A Guitar / 5- Despair Came Knocking / 6- I Am A Baby (In My Universe) / 7- Nervous Love / 8- I'll Never Marry / 9- Get Yourself Together / 10- Running Water / 11- Desperate Man Blues / 12- Hey Joe / 13- She Called Pest Control / 14- Keep Punching Joe / 15- No More Pushing Joe Around


S'il est dorénavant possible de réaliser de la musique de chez soi, d'une manière simple et relativement peu onéreuse, Daniel Johnston n'y est sans doute pas étranger. Présentation de cet artiste prolifique et de son album Hi, How Are You sorti sur cassette audio en 1983 et réédité en 1988 en format vinyle sur le label Homestead.


Then, we can be heroes.


 Enfants, adultes, nous avons tous nos héros. Guides spirituels et fidèles représentants de certaines valeurs auxquelles on adhère. Issus du domaine musical, sportif, philosophique, cinématographique, littéraire, anonyme, mythologique, qu'importe, ils nous aident de par leurs prouesses individuelles passées ou présentes à traverser notre propre existence. Quand cela nous arrange on s'en inspire volontiers. On les cite en exemple vertueux pour se donner raison. Parfois, quand la pathologie supplée l'adoration, on ne s’embarrasse plus d'une éthique devenue dérisoire. Alors on recopie leurs actes, on enfile le costume de nos idoles avec comme pathétique espoir de devenir ce qu'ils sont, au moins le temps d'un court instant. Tant pis si le jeu de rôle n'en vaut pas la chandelle.
La musique n'est au fond qu'une histoire d'influence. Copier, imiter, pour mieux progresser. A force d'entraînement, l'apprenti virtuose se développe puis atteint, voire dépasse, le niveau du modèle qui un jour l'a subjugué de son art, quitte à sombrer quelquefois dans un plagiat à peine caché. Daniel Johnston, lorsqu'il était enfant, avait lui aussi ses super-héros. Muni d'un stylo, il passait son temps libre à les reproduire sur papier avant de passer le plus classiquement du monde à des créations originales. Sans influences, pas de talent qui éclot. Posséder une aptitude innée ne suffit pas. Il faut savoir l'entretenir. Offrir une vision différente à une planète déjà surchargée d'exemples à suivre pour, uniquement si on le désire, prétendre avoir sa place au sein de ce cercle d'inspirateurs. Pour cela, rien de mieux que l'effronterie, naïve ou consciente. Johnston, pourvu comme tout un chacun de quelques dons aléatoires, a su faire preuve de cette audace. Celle de devenir son propre héros et d'avoir, sans en avoir conscience, révolutionné l'industrie musicale en profondeur.