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| Harvest |
Playlist : 1- Reuters / 2- Field Day For The Sundays / 3- Three Girl Rumba / 4- Ex Lion Tamer / 5- Lowdow / 6- Start To Move / 7- Brazil / 8- It's So Obvious /
9- Surgeon's Girl / 10- Pink Flag / 11- The Commercial / 12- Straight Line / 13-
106 Beats That / 14- Mr.Suit / 15- Strange / 16- Fragile / 17- Mannequin / 18- Different To Me / 19-
Champs / 20- Feeling Called Love / 21- 1 2 X U
Album culte. Tout simplement.
Structurer la destruction.
Ne fumer aucune cigarette durant l'écriture d'une chronique, qui plus est d'un disque punk, est un défi aux allures de supplice. Surtout au lendemain d'un match volé d'une façon si éhontée. Rester calme et ne plus y penser. Au-delà de l'exploit individuel que ce genre d’initiative requiert il faut, quelques heures, se glisser dans la peau d'un straight edge convaincu. Une chose peu évidente à réaliser, voire contre nature pour quelqu'un qui ne l'a jamais été sauf lors des premières années de sa vie. Que les initiés m'excusent de les réduire à si peu car quoique l'on puisse en penser, c'est une philosophie respectable pour peu que l'on arrive à s'y tenir. Disposer d'une auto-discipline de fer est une qualité rare et se résoudre aux efforts prônés par ce mouvement, tout en y prenant plaisir, n'est pas à la portée du premier humain venu. Encore moins lorsque pour soi cette musique est, au fond, tout l'inverse, à savoir, peu ou pas de contraintes. Mais du coup, ne pas adhérer à une série de clichés, ou les rejeter en bloc, devient un droit plus qu'une obligation, c'est en çà que se trouve toute la magie libertaire du punk. Seul lui était en mesure d'incuber le straight edge. Pour autant, la liberté de se détruire prématurément, puisque No Future, grâce à divers subterfuges fait partie intégrante de la culture punk, celle de base. Celle partagée par ce que l'on a pris pour habitude de nommer, avec une once de mépris dans le regard, le punk à chien. Bien plus majoritaire, cette catégorie ne doit pas être blâmer puisque dès lors que nous choisissons ce mode de fonctionnement - quand ce n'est pas lui qui nous épouse - c'est avant tout pour ne pas avoir à se coltiner une existence remplie d'obligations monotones. Die Young and Stay Pretty, sinon c'est prendre le gros risque de devenir chiant et aigri. Il suffit pour s'en convaincre de voir le spectacle médiatique devenu navrant que nous inflige un Johnny Rotten, devenu si vieux qu'il a besoin de rappeler à qui veut l'entendre - et surtout le croire - que sans lui et les Sex Pistols, rien, ou presque, en ce qui concerne cette scène n'aurait existé. Il n'est pas le seul à placer le curseur de la vantardise au mauvais endroit mais comme nos grands-parents radoteurs on ne peut pas s'en émouvoir. Quoiqu'ils peuvent dire comme conneries inexactes, nous gardons tout de même une part de tendresse à leur égard. Nous sommes trop conscients qu'avec un peu de malchance, c'est aussi ce qui nous attend.




















