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vendredi 28 septembre 2018

Wax Digger Reviews Express #12 : Spécial Creedence Clearwater Revival

Wax Digger Reviews Express #11 : Spécial Creedence Clearwater Revival 



Quasi un an d'absence mérite un retour, je l’espère, digne de ce nom. Voilà pourquoi j'ai choisi trois vinyles à chroniquer, histoire de rattraper un tant soit peu ce retard. Un trio assez différents dans leur approche bien qu'ils soient regroupés sous une unique bannière, celle des Creedence Clearwater Revival. 


Creedence Clearwater Revival (1968)



Playlist : A1- I Put a Spell on You / A2- The Working Man / A3-  Suzie Q / B1- Ninety-Nine and a Half (Won't Do) / B2- Get Down Woman / B3- Porterville / B4- Gloomy / B5- Walk on the Water


Well, I was born on a Sunday

cover image photo groupe creedence musique music
Fantasy Records
 Vingt petites secondes. Il ne faut qu'une vingtaine de secondes pour absorber à quel point l'art des Creedence Clearwater Revival fut influencé par la musique noire, celles des plus grands bluesmen et jazzmen. Sur chaque album, cette inspiration tiendra une place primordiale, elle s'entend autant qu'elle se ressent. Ainsi il est normal que cet amour invétéré s'affiche sans ambiguïté dès l'introduction de ce premier disque avec I Put a Spell on You. Il s'agit d'une reprise, elle atomise l'originale, sortie sur le label Okeh à la fin des années cinquante. Là où Screamin' Jay Hawkins semble chanter sous une relative ivresse, John Fogerty, guitariste et chanteur des CCR, propose une prodigieuse interprétation. Il ressort de cette performance une émotion manifeste, transcendée par une musique d'une élégance sans nom. On croirait entendre un Clapton à son firmament, excusez du peu. Ce n'est pas tout car dans un monde meilleur, les cordes vocales de John auraient très bien pu s'accorder à celles de Janis Joplin. Bref, depuis ce sont des centaines de cover qui sont apparues mais rien ne vaut cette admirable et délicieuse version, atteignant le rang de masterpiece.

 Plutôt pas mal pour un début. Pour rester dans l'excellence, mettons sous silence le titre d'après afin de s’intéresser à un autre mastodonte se nommant Suzie Q. De nouveau une reprise ! diront certains. Le blues tourmenté de Jay Hawkins offre sa place au rockabilly de Dale Hawkins. Des homonymes hors liens de parenté. On en vient au point central lorsqu'on évoque les Creedence. La musique de ce quatuor sera métissée en permanence. Pas seulement dans un apprentissage pur et dur, comme une grande majorité des musiciens au milieu du vingtième siècle. Un exercice souvent chiant mais indispensable à tous ceux ayant compris que le blues et le jazz, qu'on le veuille ou non, sont de formidables écoles quand on désire maîtriser un instrument. Eux utilisent un procédé direct, ils ne se planquent pas. Sans s’inquiéter d'une couleur de peau, ils dissèquent la crème de ce qu'ils écoutent et le restituent sous une saveur proche de leur philosophie. Cette méthodologie donne un son plus complet qu'il en a l'air. Alors bien entendu, il n'était pas insolite en ces temps d'entendre des guitares parfois claires ou stridentes, canalisées par un groove roulant des mécaniques. Néanmoins, chez-eux, au fil de leur carrière, réunir la country et le blues pour qu'ils ne fassent qu'un, est une conviction des plus sérieuse. Ceci explique en partie pourquoi ce groupe est devenu la bande son des USA. Toutes leurs chansons occasionnent une envie de grands espaces, peuplés, selon votre convenance, de bisons ou d'alligators. On se téléporte dans l'ambiance fantasmée des vieux films, catégorie Western. Inutile de bouger de notre canapé, nous traversons le territoire américain en diligence avec un tel souci du détail que du côté de chez Rockstar - producteurs de la licence vidéo-ludique Red Dead Redemption - on en serait presque jaloux. On rêve donc, on voyage et tout s'éclaire quant à l'utilisation massive de leurs œuvres dans le monde du septième art.

 J'ai maintenant pris pour habitude de penser que tout le monde aime au moins un morceau de CCR. Il existe juste des gens qui ne le savent pas encore, c'est tout. Quand vous entrez dans un endroit public et que vous entendez ces airs, sauf s'il s'agit d'une radio, vous saurez que vous êtes au bon endroit, au bon moment. Rien n'est à jeter sur ce vinyle et ce malgré quelques légères imperfections, que l'on pardonnera sans sourciller. On pourrait croire, voire redouter pour certains frileux, à la vue de sa pochette psychédélique, que cet album en soit un digne émissaire. Tel un commercial peu discret sur ses intentions. Ce n'est pas le cas. Dans ce cas précis, le son est plus subtil que l'image. Si le monde entier ou presque, se soignait au LSD en mille neuf-cent-soixante-huit, on en trouve peu de traces. Il y'a des petites touches, certains effets, disséminés là ou là mais rien qui dénature les autres teintes musicales. Seules exceptions, Gloomy et Walk on the Water qui arborent fièrement un amour passionnel envers les hypnotiques hallucinations auditives.

 A la suite d'un parcours semé d'embûches durant de nombreuses années, Creedence Clearwater Revival sort enfin un disque. Une longue attente en valait la peine car il est une grande réussite sur pas mal de points. Sans en être le meilleur, il restera pour l'éternité l’aîné d'une discographie impossible à soustraire de l'univers du rock d'une part mais aussi d'une culture mondiale. Tout ce qui fait d'eux une grande formation est déjà présent. Peu importe si beaucoup d'artistes avaient produit, avant mille neuf-cent-soixante-huit, une quantité ahurissante de choses incroyables sur tous les continents. Il n’empêche que cela a dû être une claque de poser pour la première fois le vinyle sur son support d'écoute, qu'il se trouve dans un salon au papier peint douteux ou dans une chambre d'ado. Ce jour-là, nul doute que de nombreuses vocations se sont faites.

mardi 28 février 2017

Wax Digger Reviews Express #10 : Hot Tuna, Phantom of Paradise, The Zombies


Wax Digger Reviews Express #10


Une bande originale et deux classiques du rock sont le programme psychédélique de ce dixième Wax Digger Reviews Express. 


Hot Tuna ~ America's Choice (1975)


Playlist : 1- Sleep Song / 2- Funky #07 / 3- Walkin' Blues / 4- Invitation / 5- Hit Single #1 / 6- Serpent Of Dreams / 7- I Don't Wanna Go  / 8- Great Divide : Revisited

America's Choice plutôt qu'America First.


cover picture pics rock classic vinyle vinyl LP
Grunt Records

Paru en mai mille neuf cent soixante-quinze, America's Choice ratisse large sans en perdre sa dignité. Un néophyte curieux de l'univers blues-rock trouvera en ce disque une parfaite et accueillante porte d'entrée. De fait, le féru du genre se sentira lui, à juste titre, en terrain connu. Les deux camps seront quoiqu'il advienne conquis, c'est une certitude tant Hot Tuna est facile d'accès. Sans être monumental, il faut louer le travail effectué. Certes en premier par les musiciens eux-même mais n'oublions jamais les petites mains de l'ombre. Ceux assis de longues heures derrière une table de mixage avec pour seul but de rendre un devoir propre. America's Choice prône ce large rassemblement des esprits jusqu'à sa fin. Rien ne dépasse, tout est conforme à l’appellation. Parfois, souvent, il sonne lisse et neutre, sans éclats. C'est à ces instants précis qu'une folie d'une douceur relative et revendiquée débarque afin de gommer cette forte impression. D'ailleurs, la première chanson, Sleep Song, donne une bonne vue d'ensemble. Assez vite, une forte touche psyché s'additionne à l'alchimie et tous ces passages réussis font de ce disque un très bon moment pour ce qu'il propose. Ces envolées ajoutent du corps et une âme, car je me dois encore une fois d'insister : pour celui qui connaît le blues-rock, l'originalité ne sera jamais, ou rarement, au rendez-vous. 

 Et c'est bien là où le bât blesse. Le coutumier alterne sans cesse entre un sincère enthousiasme débordant et une flopée de sentiments beaucoup plus mesurés. Rien n'y est mauvais ni même juste bon, au contraire, sauf qu'une chanson sur deux, tombe dans le classique trop entendu, déjà à cette période. En mille neuf cent soixante-quinze, une foultitude de groupes s'étaient aventuré en masse sur ces terres et en avaient dés lors tiré une quintessence palpitante disposant de bien plus de trouvailles. 
Quelquefois, cette émotion sera aussi présente mais à si peu de moments, que ça en devient regrettable. Ce disque est à ranger aux côtés des faussaires talentueux. Un bon point pour lui, America's Choice a été enregistré à San Francisco. il en a l'âme, le bagout, la virtuosité ainsi que l'odeur des drogues. Jorma Kaukonen confirme son habilité à la guitare et au chant alors que dans le même temps, Jack Casady à la basse, réalise une prestation sans écueils, notamment sur l'excellent Invitation. Et puisque nous y sommes, autant féliciter son comparse, Bob Steeler à la batterie qui lui est tout aussi dans le coup. Malgré la tiédeur de l'introduction, il ne faut pas faire la fine bouche. Certains morceaux tirent vraiment leur épingle du jeu. C'est le cas par exemple de Serpent of Dreams et surtout de I Don't Wanna Go, entre autres.

 S'il ne se trouve pas à cent pour cent dans sa musique, le génie se place dans cette pochette. Affichant un baril de lessive en trompe œil, elle se montre originale et inventive. L'ingéniosité a largement été saluée depuis, puisque l'artwork figure en bonne position de tous les bouquins traient du vinyle. Ils pullulent dans les rayons de la fnac depuis le revival de ce format audio. Avoir un design astucieux, signé Frank Mulvey, ne suffit pas si le principal intérêt sonne fade. Quoi que l'on pense de leur classicisme, voilà un défaut que ces longs morceaux, plus de cinq minutes en moyenne, n'ont définitivement pas. America's Choice me rappelle par bien des aspects l'excellent #01 du groupe Big Star. Il provoque cette même bonne humeur en tout cas. Alors bien sûr sa dualité sera une force ou une faiblesse selon les goûts et les conditions d'utilisation propres à chacun. Nickel pour une soirée entre amis, en amoureux ou bien encore pour faire son ménage mensuel, il ne demande pas une concentration d'écoute de tous les instants. C'est plutôt une bonne chose puisque de toute façon il parviendra à se faire remarquer très souvent et c'est ce qui fait que peu importe l’expérience à ses côtés, nous n'en garderons que de bons souvenirs. Un vinyle cool et sympa à petit prix, autant en profiter pendant que cela existe encore. 



mardi 20 décembre 2016

Wax Digger Reviews Express #09 : Jamiroquai, Funky Chicken ~ Belgian Grooves From The 70's Part 1, A Tribe Called Quest


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Wax Digger Reviews Express #09


Trois disques au funk plus ou moins affirmé sont au programme de ce neuvième numéro de Wax Digger Reviews Express. 


Funky Chicken ~ Belgian Grooves From The 70's Part 1 (2014)

Playlist : 1- Chakachas ~ Stories / 2- Mad Unity ~ Dunky Tramway / 3- Réné Costy ~ Ostinato Bass / 4- Alex Scorier ~ Topless / 5- Open Sky Unit ~ Sunshine Star / 6- Plus ~ Gimme Some More Of That / 7- André Brasseu ~ Funky  / 8- Chicken Curry & His Pop Percussion Orchestra ~ Librium / 9- Placebo ~ Balek / 10- Les Hélions ~ Music & Co / 11- Black Blood ~ Avenue Louise / 12- S.S.O Feat Douglas Lucas & The Sugar Sisters ~ Tonight's The Night / 13- Nico Gomez & His Afro Percussion Inc. ~ Ritual / 14- André Brasseurs ~ Saturnus / 15- Chocolat's ~ El Caravanero 


Manneken-Swing


photo album compilation funk  soul cover
N.E.W.S
 Je l'avais déjà effleuré lors de la chronique sur Blow de Ghinzu mais cette compilation belge figure en bonne place de mes bonnes surprises de l'année deux mille seize. Parues deux ans auparavant sur le label N.E.W.S, ces chansons éclectiques, mais toujours dans une thématique bien précise, nous font découvrir à retardement une scène prolifique en plus d'être très talentueuse. Belgian Grooves From The 70's Part 1 fait partie de ces coups de cœur imprévisibles et tant mieux, ils n'en demeurent que plus marquants. Divisés sur deux vinyles, ces compositeurs nous prouvent surtout une énième fois que le plat pays n'a été épargné par aucun courant musical pour notre plus grand bonheur. Mieux, il assume pleinement sa part aux succès planétaires de certains d'entre eux  à travers les époques.

 Plus qu'une simple compilation, il s'agit d'un documentaire en musique auquel nous sommes confrontés. Si le volume 2 est pour ma part un peu moins inspiré, celui-ci est de haute volée. De la production à la réalisation rien n'a été négligé, ni il y a trente ans, ni à sa sortie. Il y a souvent une part de facilité dans l'idée de proposer un patchwork de chansons mais les responsables de Belgian Grooves From The 70's Part 1 sont de véritables dénicheurs de talents plus ou moins cachés. Dans un pareil contexte l'une des choses les plus dures est de mettre le bon titre au bon moment. Une pression exacerbée sur le premier titre. Heureusement, Chakachas ~ Stories est un choix parfait. Bonnes vibes dansantes et sourires seront bien là. Cela rassure sur les intentions proposées et elles se confirme avec le titre qui suit. Lui sera un peu plus space mais tout aussi passionnant d'aisance. Bien entendu, au vu du genre mis en avant, nous n'échapperons pas tout au long de ces deux disques aux orchestrations sans failles, dont les cuivres seront les dignes héros. Seulement la troisième chanson qui s'engage et désormais c'est une révélation remplie de certitudes qui se déclare. Le début de cette compilation est extraordinaire et dépasse les attentes. Reste à savoir si elle peut se maintenir avec autant d'exigence sur toute sa longueur. En attendant Réné Costy ~ Ostinato Bass bénéficie d'une structure enfantine. Néanmoins, une fois lancée, elle se range aux côtés des plus grandes dans son registre. Quant à Alex Scorier, il nous envoie avec bonheur dans un film avec Louis De Funès. Un sacré compliment lorsque l'on sait la part importante de la musique dans ses films.

 La première face s'en sort sans aucune faute de goût. Sa force est de bénéficier de structures prévisibles et donc réconfortantes tout en favorisant les passages plus improvisés, parfois un peu psychédéliques. L'other side s'ouvre au chant. Gimme Some More Of That du groupe Plus, n'a rien à envier aux compositions new-yorkaises. On avance sinon nous allons déroger à la règle principale de cette section si particulière. Je n'ai de toute façon pas envie de vous priver de découvertes aux airs de surprises délicieuses. On a droit à une apparition du groupe Placebo, non pas le groupe d'anglais dépressifs, mais l'autre moins connu mais tout aussi accrocheur. Avenue Louise des Black Blood est rafraîchissante tandis que Nico Gomez et ses percussions afro balancent un son plus osé. Il en est de même avec André Brasseur qui, avec Saturnus, verse dans l’ethnique et l'organique.
Sans avoir fait un tour complet du propriétaire il ressort de tout ceci un excellent moment. Disons-le sans détour, cette compilation est un indispensable à tout amoureux de funk et de musique. Aussi cool que sa pochette le laisse penser, Belgian Grooves From The 70's Part 1 est incroyablement riche en trouvailles. Comme nous le verrons, il y a du neuf qui ne mérite pas son prix de vente. Voici le divin inverse. A acheter les yeux fermés.





mardi 27 septembre 2016

Wax Digger Reviews Express #08 : Madness ~ Fabulous Poodles ~ Blondie


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Wax Digger Reviews Express 08

En cette fin de mois de septembre, trois vinyles issus de la fin des années soixante-dix sont au programme de ce huitième Wax Digger Reviews Express. 


Madness ~ One Step Beyond (1979)

Playlist : 1- One Step Beyond / 2- My Girl / 3- Night Boat To Cairo / 4- Believe Me / 5- Land Of Hope And Glory / 6- The Prince / 7- Tarzan's Nuts / 8- In The Middle Of The Night / 9- Bed And Breakfast Man / 10- Razor Blade Alley / 11- Swan Lake / 12- Rockin' In AB / 12- Mummy's Boy / 13- Madness / 14- Chipmunks Are Go !

Madness, madness, they call it Madness...


picture vinyle photo album groupe anglais ska punk pics
Stiff Records
 On ne le présente plus et pour cause. Même sur la planète Mars, sans doute, ils connaissent les sonorités ska/punk de ce groupe influent pendant les années soixante-dix. Malgré tout, qui a retenu les noms de ces musiciens ? Pas le temps de réparer cette injustice. Ce qui prime avant tout c'est de souligner leur capacité à redonner le sourire en un instant, un véritable talent. On le sait, une musique enjouée n'est qu'un moyen comme un autre de cacher avec pudeur des choses plus profondes. Cet album n'y fait pas exception. One Step Beyond est une plongée abrupte au cœur d'une Angleterre en demi-teinte, et ce sur environ tous les plans. Mille neuf cent soixante-dix-neuf, la première lame de fond punk vient de s'échouer tandis qu'un grand public découvre un mélange de danse et de rugosité. Un juste retour des choses au carrefour des chemins et des influences. Un album est figé au creux d'une époque qui, elle, diffère selon les individus. Les murs de tous les clubs rock - il en existe encore ? - autour du globe, résonnent encore des pas de danse chaloupés provenant de Doc Martens usées par la vie.

 Si une grande majorité de ces lieux sont désormais réduis à peau de chagrin, personne n'a oublié l'ambiance folle que n'importe lequel de ces titres arrivait à produire dans la pénombre. Une foule survoltée prenait place au milieu d'une piste clairsemée ou non, suivant l'heure de la nuit. Alors bien sûr, la pole position des plus joués jusqu'à la lassitude appartient au titre phare et éponyme. On l'oublie à force mais ce morceau a été écrit par un musicien jamaïcain avant d'être repris par les britanniques. Ne nous arrêtons pas à cela, ce n'est pas vraiment le genre de la maison ni le plus intéressant. Beaucoup de titres présents sur ce disque marchent encore comme au premier jour de leurs découvertes des années plus tôt. Je n'avais plus entendu l'album One Step Beyond depuis longtemps et ce fut un authentique plaisir de retrouver ces airs agrémentés d'un élégant saxophone. Quand un corps est réfractaire à la danse, il suffit de lui mettre ces chansons pour le faire changer d'avis en douceur.

 Certains, et je ne pourrais pas leur donner tort, ne jureront que par The Specials mais ce n'est pas tout à fait la même chose, ni la même démarche. Eux sont bien plus politisés et sérieux qu'un Madness, dans le fond et dans la forme. Néanmoins il manque à notre présent tous ces airs ska, punk synonymes de soirées d’errance. Des nuits où tout, surtout le meilleur, peut arriver. D'autres genres musicaux les ont remplacés et plutôt bien. Pour autant un retour de cette musique sur le devant de la scène ferait le plus grand bien à notre monde, tout en remettant en cause un bon nombre de ses nouvelles valeurs trop sages. Quoique, j'ai bien peur que sans une sincérité aussi affirmée que celle exprimée à la fin des années soixante-dix cet espoir soit vain. C'est sans doute même salutaire que toutes ces vieilles chansons restent confinées au sein d'une période, ensevelies sous nos souvenirs afin de ne pas en dénaturer son esprit optimiste. Bref, si ce n'est pas encore fait, n'attendez plus et écoutez One Step Beyond pour retrouver le sourire.

mardi 26 janvier 2016

Wax Digger Reviews Express #07: AC/DC, Big Star, Neil Young.


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WDR Express #07


Trois groupes/artistes qui font partie des héros d'adolescence. Trois courtes chroniques pour un Wax Digger Reviews Express #07 rendant hommage à des albums détenant force, vitalité et beauté.


AC/DC ~ Back In Black (1980)

Playlist : 1- Hells Bells / 2- Shoot To Thrill / 3- What Do You Do For Money Honey / 4- Given The Dog A Bone / 5- Let Me Put My Love Intro You / 6- Back In Black / 7- You Shook Me All Night Long / 8- Have A Drink On Me / 9- Shake A Leg / 10- Rock And Roll Ain't Noise Pollution


Rock'n'Roll is just Rock'n'Roll. 


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Atlantic
 Doit-on encore présenter ce monument auditif ? J'entends déjà les râleurs, les grincheux. Ceux qui soutiendront sans sourciller qu'il existe mieux dans la discographie des australiens, Ceux qui grommelleront qu'il est trop mainstream puisqu'il serait le deuxième album le plus vendu de tous les temps. C'est vrai, la réputation de Back In Black n'est plus à faire. Moi-même, quand je vois son nom dans ma vinylothèque, je n'éprouve  pas l'envie de l'écouter. Un sentiment de l'avoir trop fait par le passé. Sans aucunement regretter sa présence, je me persuadais à tort que mes souvenirs suffisaient. Eh bien non ! après l'avoir réentendu ils ne suffisent pas ! Ce vinyle ne perdra jamais de sa superbe, de sa vitalité et de sa violence guitaristique.
Sorti le vingt-cinq juillet mille neuf cent quatre-vingt et enregistré au Electric Lady Studios à New-York ainsi qu'au Compass Point Studios aux Bahamas, Back In Black fait partie des disques inlassables. Le long tintement de cloche ouvrant les hostilités est la garantie de passer une quarantaine de minutes en bonne compagnie.

 Si j'adore cet opus c'est qu'au-delà de ses qualités il renvoie à des souvenirs de jeunesse. C'est l'album que l'on découvre adolescent et qui donne envie d'aimer le folklore lié au rock. Il ne propose pas de temps mort, les mélodies virevoltent à n'en plus finir. Phil Rudd tape sa batterie sans se ménager tandis que tous les autres s'affairent à sortir des accords devenus inoubliables. Bien sûr il propose des moments plus calmes mais l'énergie reste de mise. Je n'irais pas jusqu'à dire que chaque composition est un tube mais des chansons incroyables cet album en déborde, c'est une certitude. Chacune dans leur genre, d'un hard rock acéré à un blues couillu, les compositions apportent du grain à moudre afin de maintenir un ensemble à la cohérence parfaite. Je suis loin d'être un spécialiste du groupe, et encore moins de sa discographie, quoiqu'il en soit en ce qui me concerne ce disque est le firmament de leur art. Hells Bells, Shoot To Thrill, Let Me Put My Love Into You, Back In Black, You Shook Me All Night Long, Have A Drink On Me, Shake A Leg sont autant d'hymnes fougueux pour toute une génération. Pour les quelques réfractaires je suis persuadé qu'en lui donnant une réelle chance ils apprécieront ces titres endiablés comme il se doit.

 Septième albums du groupe, premier avec un Brian Jonshon déchaîné au chant, AC/DC a mis une claque à l'humanité en sortant Back in Black. N'écoutez pas la petite voix qui prétend que vous l'avez trop entendu car elle dit de grosses conneries. Il a en lui le secret des choses réussies, il est percutant et garde son naturel. Cet hommage posthume à l'attention de Bon Scott est toujours un succès.

vendredi 25 septembre 2015

Wax Digger Reviews Express #06 : Dinosaur Jr. ~ Chokebore ~ Blonde Redhead.


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WDR Express #06

Vous avez maintenant l'habitude avec ce sixième numéro, Wax Digger Reviews Express aborde des œuvres de manière succincte. Cette fois c'est le mouvement indie qui est à l'honneur avec pas moins de quatre albums.


Dinosaur Jr. - Green Mind (1991)

Playlist : 1- The Wagon / 2- Puke + Cry / 3- Blowing It / 4- I Live For That Look / 5- Flying Cloud / 6- How'd You Pin That One On Me / 7- Water / 8- Muck / 9- Thumb / 10- Green Mind

Premier disque signé sur une major après le départ remarqué du bassiste Lou Barlow, Green Mind, sorti en mille neuf cent quatre-vingt-onze, se place dans le top trois des meilleurs opus que compte la discographie du groupe indie, Dinosaur Jr. 

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Blanco Y Negro
J Mascis désormais seul aux commandes, il sera uniquement aidé par le batteur sur trois chansons, parvient à produire un album d'une douce mélancolie. Avec Wagon, il s'ouvre sur un morceau qui retranscrit avec fidélité ce qui va suivre. A savoir une frappe de batterie lourde, une voix pas toujours très juste, mais transpirante de sincérité, mais aussi et surtout de superbes guitares pour lier l'ensemble. Pas de temps à perdre, Puke + Cry pointe le bout de son nez. Ce titre, sentant bon le début des années quatre-vingt-dix, est outillé d'un refrain particulièrement accrocheur. Quitte à jeter des fleurs autant y aller gaiement, alors disons qu'il s'agit d'une petite merveille à apprendre dans toutes les écoles de musique. Nous aurions pu nous arrêter là mais ce serait passer à quelques centimètres d'une perle portant le nom de Flying Cloud. La voix de J Mascis n'y est à aucun moment sur la bonne tonalité, ce qui participe à la rendre émouvante, mais les guitares sont d'une telle clarté que cette ballade d’à peine deux minutes trente-cinq nous plonge dans un état d'inconscience qui nous renvoie à toutes sortes de souvenirs. C'est en quelque sorte une déprime douce. Water est là encore une de mes préférées parmi ce Green Mind avec son riff accrocheur, son ambiance sombre. Assurément un des grands moments se cachant avec pudeur dans le mouvement indie.

 Green Mind est le genre de disque dont on ne se lasse pas pour peu que l'on aime le genre. On l'oublie, on le voit sur l’étagère, on se dit oui mais non, et puis un jour on le repose sur la platine et on le redécouvre en ayant le même plaisir que lors d'une première écoute. Les morceaux s’enchaînent avec pour fil rouge une mélancolie agréable. Il y a du très bon et du un peu moins bon en apparence mais pour ma part du premier au dernier titre je ne m'y ennuie jamais. Si je devais lui trouver un défaut, il y'en a toujours au moins un, je dirais que la fin du titre How'd You Pin That One On Me n'est pas agréable à écouter avec ses guitares beaucoup trop mises en avant. Mais s’arrêter à ce détail ne serait pas rendre honneur au monstrueux boulot effectué par un Mascis ayant enregistré tous les instruments. A mettre entre toutes les mains.

mercredi 20 mai 2015

Wax Diggers Reviews Express #05 : Bad Brains ~ Dead Boys ~ Dead Kennedys ~ Wipers.


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WDR Express #05

Pour cause de refonte des toutes premières chroniques publiées, non sans une certaine nonchalance qui certes me caractérise parfois, les WDRE s’enchaînent mais ne se ressemblent pas. Alors en attendant une prochaine Selecta actuellement en préparation, voici quatre disques punk qu'il faut avoir écouté au moins une fois dans sa vie et le tout en express évidemment.


Bad Brains - Rock For Light (1983)


Playlist : 1- Coptic Time / 2- Attitude / 3- We Will Not / 4- Sailin' On / 5- Rally Round Jah Throne / 6- Right Bridage / 7- F.V.K / 8- Riot Squad / 9- The Meek Shall Inherit The Earth / 10- Joshua's Song  /11- Banned In DC / 12- How Low Can A Punk Get  / 13- Big Takeover /14- I And I Survive / 15- Destroy Babylon / 16- Rock For Light / 17- At The Movies

 Résolument à part dans l'univers du punk hardcore, Bad Brains n'en figure pas moins parmi les pionniers. Rock For Light entremêle avec passion toute la rage dévastatrice de ce genre et la philosophie rasta. Un peu comme si Max Romeo et Johnny Rotten se défonçaient à l'acide avant de produire un grand disque. 

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PVC Records
C'est en 1983 que le groupe de Washington DC nous honore d'un splendide deuxième opus. Dix sept morceaux d'une intensité folle pour une durée totale d'une quarantaine de minutes. Plutôt pas mal comme ratio, autant dire que les moments de répit seront rares et tant mieux car ils n'en seront que plus marquants.
Fidèles à la plus pure tradition hardcore les quatre rastas jouent vite, jouent fort, avec une vivacité jusqu'alors rarement atteinte. Mais ce qui diffère avec beaucoup d'autres groupes prônant le Do It Yourself le plus extrême c'est avant tout la virtuosité dont fait preuve Dr Know. Si les non éclairés pourraient n'y voir en premier lieu que du bruit, grondant, parasitant tout sur son chemin, je vous le certifie ce guitariste qui découvrit le punk avec les Sex Pistols et les Ramones, entre autres, est purement incroyable.

Rock For Light a été produit par Ric Ocasek, connu pour être le chanteur-guitariste du (très mauvais) groupe The Cars. Heureusement, pour lui comme pour nous, il s'en sort ici haut la main en produisant avec justesse un album fondateur. Punk, oui il l'est résolument. Hargneux, furieux, son envie d'en découdre dans un large fracas éclabousse l'auditeur et pire le contamine. Chaque note parcourt notre sang avec la plus grande sincérité pour peu que l'on ne soit pas réfractaire aux solides charges d’électricité qui ne demandaient pourtant qu'un ampli pour jaillir dans une explosion de décibels. Il suffit d'écouter Sailin On, Destroy Babylon, Banned in D.C et tant d'autres, pour être recouvert dans la seconde de cette sueur contestataire qui, pour ma part, doit être bénéfique et source d'inspiration pour tout un chacun.

mardi 5 mai 2015

Wax Digger Reviews Express #04 : Easy Star ~ Led Zeppelin.


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WDR Express #04


 Et si les Beatles et les Pink Floyd avaient été jamaïcains ? Easy Star répond à une question que personne ne s'était encore posée et nous offre sur un plateau fruité deux albums cultes en version reggae. Il ne manquait alors plus que Led Zeppelin, troisième composant d'un majestueux trident britannique, pour clore ce WDRE saveur Worcestershire. 


Easy Star All-Stars - Dub Side Of The Moon (2003)


Playlist : 1- Speak To Me / 2- On The Run / 3- Time / 4- The Great Gig In The Sky / 5- Money / 6- Us And Them / 7- Any Colour You Like/ 8- Brain Damage / 9- Eclipse


Quand une formation dotée d'une dizaine d’éléments doués se met en tête de reprendre des albums illustres, ça ne peut donner qu'un mélange très agréable.


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Easy Star Records
 Comme le veut cette rubrique faisons court et mentionnons sans trop de détails que le Easy Star All-Stars est un collectif Reggae / Dub / Ska /Jazz basé à New-York. Ce groupe de joyeux drilles comprend un noyau dur mais fait appel selon les rencontres et le besoin à de nombreux artistes connus ou plus confidentiels. 
Pour l'heure, trois albums notoires ont été choisi pour illustrer ce concept et on ne peut pas dire qu'ils ne s'attaquent pas à des monuments de la culture populaire : Dark Side Of The Moon des Pink Floyd, le Sgt Peppers des Beatles et Ok Computer de Radiohead, oui rien que ça.

 En 2003 la formation new-yorkaise débute son projet et jette son dévolu sur les Floyd. De cet essai concluant sort Dub Side Of The Moon. Le choix d'un tel disque est aussi facile que casse-gueule. Bien entendu, se servir du disque le plus connu de la discographie des britanniques favorise les chances que l'on parle de vous, ratez-le et vous aurez de nombreuses personnes irascibles à dos. Que les fans soient rassurés, la musique, du moins la rythmique, reste la plupart du temps fidèle à l'oeuvre originale et ne s'autorise qu'à de rares moments une escapade mesurée hors des sentiers battus. Pour un peu de folie il faudra voir du côté des paroles pour y trouver des improvisations pas toujours inspirées mais ne boudons pas notre plaisir car là n'est pas ce qui compte. Et puis il faut reconnaître que le grand tour de force des Easy Star est de nous faire oublier que ces impros n’étaient pas là à l'origine. Ils arrivent à rendre la chose naturelle comme dans le morceau Time largement agrémenté de fantaisies parolistiques.

mardi 28 avril 2015

Wax Digger Reviews Express #03 : The Cure ~ Trilogie Noire


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WDR Express #03


Un Wax Digger Reviews Express numéro trois un peu spécial puisqu'il se consacre exclusivement à la trilogie noire du groupe The Cure.

La trilogie noire ou gothique de The Cure comprend les albums Seventeen Seconds (1980), Faith (1981) et Pornography (1982). Trois années durant lesquelles Robert Smith et sa bande, alors âgés de la vingtaine, traversent une période déprimante. Aux soucis du quotidien se rajoute un cocktail explosif à base de problèmes liés aux drogues, à l'alcoolisme ainsi que la perte de proches. Heureusement pour nous le remède sera pour eux de réaliser une triplette inégale mais suffisamment incroyable pour avoir marqué son époque.  


The Cure - Seventeen Seconds (1980)


Playlist : 1- A Reflection / 2- Play For Today / 3- Secrets / 4- In Your House / 5- Three / 6- The Final Sound / 7- A Forest / 8- M / 9- At Night / 10- Seventeen Seconds


Premier volet de ce fabuleux trio, Seventeen Seconds sort en 1980 sur le label Fiction.

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Fiction Records
 Suite à un premier disque, Three Imaginary Boys, à forte tendance post-punk et empreint d'une pop certes pertinente mais insuffisante pour sortir du lot des productions de la fin des années soixante-dix, The Cure cherche sa voie musicale. A tâtons, il finit par la trouver dans son propre spleen. Produit par Mike Hedges, déjà présent sur le précédent opus, Seventeen Seconds a pour délicate mission de déblayer un nouveau terrain musical. Les anglais mettront les mains dans un cambouis douloureux et creuseront durant de longs mois dans ce qu'il ont de plus profond, de plus perturbant. 


 Étrange/énigmatique pour certains, glacial/dépressif pour d'autres, cet album retranscrit en musique les prémisses d'une interminable époque trouble et réellement dévastatrice pour une formation encline aux premiers doutes sur une existence hasardeuse et cruelle. Ornée de superbes parties instrumentales, aussi moroses qu'une nuit pluvieuse de novembre, la poésie noire à base de questions existentielles de Robert Smith captive. L'auditeur posant son oreille sur cette oeuvre n'aura comme unique alternative que de se laisser envahir par cette ambiance se voulant ô combien angoissante et ce dés les premières notes. Seventeen Seconds n'est rien de plus que l'acte fondateur accessible d'un mouvement cold wave hétéroclite. 
La musicalité subtile, enivrante, du groupe s'affirme et franchit un palier bien visible. Simon Gallup (remplaçant l'ex-bassiste Michael Dempsey) devient peu à peu un membre influent et procurera une vague de vocation pour la guitare à quatre cordes. Ces lignes de basses sont parfaitement intégrées aux cafardeuses sonorités atmosphériques et celles-ci collent toujours aux mélodies minimalistes de l'ensemble. 

vendredi 6 février 2015

Wax Digger Reviews Express #02 : Pixies ~ B-52's ~ Kool & The Gang


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WDR Express #02



Trois chroniques d'albums sont au programme de ce Wax Digger Reviews Express numéro 2.

Pixies - Indie Cindy (2014)

Playlist : 1- What Goes Boom / 2- Greens And Blues / 3- Indie Cindy / 4- Bagboy / 5- Magdalena / 6- Silver Snail / 7- Blue Eyed Hexe / 8- Ring The Bell / 9- Another Toe In The Ocean / 10- Andro Queen / 11- Snakes / 12- Jaime Bravo / 13- Women of War (45T bonus Record Store Day)

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PixiesMusic
  Difficile de se dire que Trompe Le Monde, paru en 1991, soit le dernier album des Pixies. Jeunes ados ou vieux quarantenaires, nous avons tous eu comme plaisir poétique d'écouter les mélodies alternatives de la formation originaire de la charmante ville de Boston. 
Étrangement, la cassure du groupe s'est produite au moment même où ils auraient dû régner en maître sur une scène indie prospère en ce début des nineties. Si la présence scénique n'existait plus pendant un temps, l'halo divin couronnant les Pixies n'aura jamais pris une ride. Mieux, il perdure dans chaque groupe de rock naissant, à ce point que l'on ne parle plus seulement d'eux comme étant une simple source d'inspiration mais comme d'un véritable modèle à suivre. 

 Bien que reformés depuis une dizaine d'années, Franck Black et ses compagnons sonores se montraient peu motivés en ce qui concerne la création. À défaut de produire quelque chose, tout ce beau monde préféra s'égratigner sans ménagement, réduisant ainsi à zéro les chances de revoir la fabuleuse bassiste Kim Deal à leurs côtés. Une guerre d’ego donc. Mais pas seulement puisque entre deux brouilles futiles, ils auront parcouru plusieurs fois le monde en capitalisant sur des succès mille fois entendus depuis mais, qu'on le veuille ou non, toujours aussi rentablement percutants. Et voilà qu'en 2014 apparaît le besoin à ces dieux anciens de renaître autour d'un nouvel album au visuel orange particulièrement dégueulasse, intitulé Indie Cindy.


lundi 10 février 2014

Wax Digger Reviews Express #01 : Prince of Denmark ~ Mark Lanegan ~ José Gonzalez ~ Daft Punk.


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WDR Express #01



Pas moins de quatre albums passés rapidement en revue, voici la nouvelle rubrique Wax Digger Reviews Express.

Prince Of Denmark - The Body (2013)

 

Playlist : 1- Cut 02 / 2- Nymphonic / 3- Signjam / 4- Cut Untiled Cut / 5- Your Body / 6- Thanatos / 7- Mardou / 8- (In The End) The Ghost Ran Out Of Memory / 9- Sublimation

Prince of Denmark (2013) art sound techno electro
Giegling
Derrière ce pseudo royal se cache le producteur allemand Traumprinz. Aussi discret qu'intransigeant il signe un album peaufiné avec soin oscillant entre techno, house et dub. 

Sur pas moins de trois vinyles, les morceaux froids et minimalistes dépassant allègrement les sept minutes se succèdent et incitent l'auditeur, rendu vite hagard par ces sonorités quelquefois étranges, à se créer un authentique voyage psychique tout au long de cet album brillant. Grâce à son talent de compositeur et avec une apparente facilité, Prince of Denmark balance des tracks puissantes follement profondes et parvient à prendre possession de notre esprit et de tout ce qui l'entoure.

Les magistrales nappes subaquatiques complètement hallucinées et/ou angoissées aideront nettement à l'immersion dans ce sous-marin hermétique à toutes concessions tant visuelles que sonores. Je ne peux que vivement vous conseiller de prêter une grande attention à cet album collant au siège comme un lendemain de cuite et qui marque de son empreinte une musique des plus inventive.