![]() |
| EastWest |
Premier opus du très regretté Mano Solo, La Marmaille nue est sorti en 1993 sur le label EastWest et s'est vendu à sa sortie à seulement 100 000 petits exemplaires. Un chiffre qui ne rend évidemment pas justice à ce magnifique album.
Alors âgé de trente ans et à la suite d'une courte carrière comme guitariste dans le groupe punk les Chihuahua, Mano Solo, fils du dessinateur Cabu, enregistre son premier album. Il en ressort une tendresse à la fois enfantine et noire mais toujours émouvante.
Je n'aime pas vraiment la chanson française que je trouve bien trop souvent grotesque mais comme toujours il y a des exceptions et Mano Solo en fait partie surtout avec cet album : La Marmaille Nue. Rares sont les disques foutant le cafard tout en se montrant d'une fausse légèreté. Cette dualité, on la doit avant tout au talent de parolier hors pair de cet artiste, traitant de la mort, du sida et de la drogue comme nul autre, sans jamais tomber dans d'exaspérants clichés. Le tout sur une musique gaie, entraînante, alternant jazz, blues, flamenco et guinguette parisienne.
Il n'y a ici que des chansons à dimension humaine, une autobiographie crue qui ne parlera qu'aux petites gens mais sans misérabilisme pompeux. Cru et d'une violence froide, oui cet album l'est, mais en contrepartie d'une dure réalité affichée sans détour, ce disque est bourré d'un espoir insensé à l'image du morceau Pas Du Gâteau. Bien sur, le thème de l'amour est abordé de nombreuses fois et je dois dire que Mano Solo est là-dessus imbattable en songwriting avec de formidables chansons d'une tristesse amère et éprouvante telle que Toujours Quand Tu Dors ou Le Monde Entier, qui feront ressortir chez beaucoup de gens des sentiments familiers que l'on s'empressera de renfouir au plus profond de nous une fois le disque fini.
![]() |
| Mano Solo |
Mano Solo a sorti un album durant l'année 93 décrivant parfaitement à lui seul tous les sentiments humains, passant des rires aux larmes en l'espace d'un couplet. Décrivant grandiosement, grâce à son talent de parolier, la vie telle qu'elle peut souvent être : cruelle, dure et désespérante mais aussi dégoulinante d'espoir. Ce poète moderne est peut-être mort en 2010 à la suite d'un anévrisme mais son âme d'écorché vif est bel et bien enfermée dans ce superbe disque à écouter au moins une fois dans sa vie. Je laisse le mot de la fin de cette chronique à l'artiste : Y a toujours plus profond que le fond. Tout est dit.


tellement emouvant comme artiste :(
RépondreSupprimerjai appris il y a peu que c'était le fils de Cabu...
RépondreSupprimer