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| Hellcat Records |
Brody Dalle, chanteuse-hurleuse des Distillers, nous revient avec un deuxième album qui fera passer le plus dur des punks pour une petite fille sage.
Groupe formé en 1998, The Distillers signe sur le label
Epitaph et sort pour l’an 2000 son premier album éponyme qui est plutôt bon sans pour autant devoir crier au génie. Deux ans plus tard après un
changement de line-up, c’est au tour de Sing Sing Death House de voir le jour sur Hellcat Records - maison de disques proposant les superbes compilations Give'Em The Boot.
Cette fois l’affaire est toute autre, puisque ce deuxième opus reste encore de nos jours
la meilleure œuvre du groupe et de cette période où le punk Américain retrouvait, pour peu de temps, un
second souffle.
La nouvelle formation comprend l’inévitable Australienne Brody Dalle au chant et à la guitare, Rose « Casper » Mazzola elle aussi à la guitare, Andy Outbreak à la batterie et enfin Ryan Sinn à la basse, voilà pour le tour du propriétaire. Le sursaut punk Américain durant la fin des années 90 peine, selon moi, à convaincre, faute à trop de productions insignifiantes ou faussement rebelles qui noient la petite quantité de bons albums dans une mélasse acide et sans saveur malgré quelques belles initiatives au plan local ou international. Je n’irai pas dire que Brody Dalle avec cet opus sauvera totalement la donne, mais on ne pourra pas lui reprocher son envie d’en découdre avec une disgrâce somme toute personnelle qui ne peut qu'aboutir à une sympathie envers sa personne. Son passé de junkie et une enfance plus ou moins difficile finiront de parfaire une légitimité plus qu'essentielle dans ce milieu et poussera certains réfractaires à écouter avec attention sa plus belle création.
Quand on connait l’entourage de la
gueularde, à savoir pêle-mêle : Brett Gurewitz de Bad Religion, son ex mari Tim
Amstrong leader des Rancid ou l’éternel et talentueux Josh Homme des Queens Of The Stone Ages, on ne peut
être que rassuré sur ses intentions de produire un disque certes punk jusqu'à la moelle
mais suffisamment dilué pour que ses messages empreints de féminisme et d'espoirs soient diffusés à une populace
assez large, et donc aussi néophyte, pour sortir du carcan misogyne musical.
Il ressort de ce Sing Sing Death House des mélodies gueulardes, toujours simples mais rarement simplistes rendant l’album aussi facile à retenir qu'un pavé dans une vitrine, on notera aussi une caution Do It Yourself
rendant le tout extrêmement attachant. La chanteuse rappellera fortement Courtney Love dans sa manière
de chanter qui consiste à ne jamais s’arrêter de brailler, de bastonner
l’auditeur à coup de paroles vindicatives, touchant souvent sa cible grâce à
des formules pouvant paraître quelques fois bien naïves mais qui sont dans l'ensemble bien trouvées; le premier morceau Sick Of It All en
sera le parfait exemple.
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| The Distillers |
Bordélique à outrance dans son apparence, il ne l’est finalement pas tant qu'il le laisse croire. Ce type de paradoxe maintient constamment le disque vers le haut. C’est également une des raisons qui fait qu’il fonctionne toujours autant de nos jours. Si le premier essai loupait trop souvent le coche, on a droit ici à des chansons réellement construites, le groupe maîtrisant de fort belle manière les temps forts et faibles pour ne pas lasser son auditoire, l’obligeant ainsi à garder toute sa capacité d’écoute.
On a trop
tendance à minimiser le jeu des musiciens lorsqu’on parle de musique punk, The
Disitillers se fera un plaisir d’atomiser cet état de fait. La toute jeune
Casper Mazzola - qui quittera le groupe juste après cet opus - balancera avec vigueur des riffs et autres soli tonitruants pendant que la
section rythmique sonnera du feu de dieu, le batteur Andy Outbreak étant vraiment très
doué avec son imposant instrument. Sing
Sing Death House naviguera dans un large panel punk, approchant un peu tous les sous-genres. Parfois proche
du hardcore, souvent trash ne s’embarrassant pas de superflu. Il démontre qu’on peut faire de la musique sans
concession et qui pourtant marche, en vendre des cartons entiers sans pour autant être
estampillé commercial. Brody Dalle allie une rébellion anarchique tout en conservant une réalité pouvant se révéler cruelle pour un ado qui à tendance à l'omettre : on peut concilier punk et vie de famille aspirant à la tranquillité.
Antinomique, cet album l'est assurément : spontané tout en étant réfléchi, sans fioritures tout en ayant une production agréable à écouter, assez simple pour en
devenir accrocheur sans en perdre toute la rage dont il se nourrit et qui en fait sa force. Ce Sing Sing
Deathouse trouve sans jamais faiblir le parfait équilibre. The Distillers ne produira pour l’heure qu’un
disque digne d'un réel intérêt mais qui se place directement dans ce que peut donner de
meilleur ce genre musical.


toute ma jeunesse !
RépondreSupprimerUn albums sympa mais un peu trop surcoté a mon gout.
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