 |
| Grandes chansons... petits albums. |
On le constate souvent, grand nombre d'artistes connaissent un succès grâce à une chanson; en effet, lorsque l'on écoute le disque détenant cette trouvaille, voire quand on ose s'attaquer à la discographie d'un de ces groupes, pensant naïvement - ou a raison - trouver des perles du même acabit, on ne peut être que déçu, ou consterné, par le vide musical que l'on y trouve. Néanmoins rendons hommage à ces tubes.
Ce phénomène que l'on a tous connu un jour n'est malheureusement pas rare. Si bien sur il existera toujours des fans capables de défendre sans rougir l'indéfendable, les autres, par dépit, n'auront pas d'autre choix que de s'en tenir au seul morceau (parfois deux...) disposant d'un réel intérêt. La faute à un reste d'album sans âme, insipide ou tout simplement bien en dessous de ces chansons brillantes. Voici donc un petit tour d'horizon par ordre chronologique de quelques hits planétaire s'étant forgé une place dans l’inconscient collectif mais dont les albums n'auront jamais droit à une chronique détaillée sur Wax Digger Reviews.
1967
The Turtles - Happy Together
 |
| White Whale |
Groupe californien, The Turtles est avant tout connu pour son seul et
véritable succès. Le morceau " Happy Together " se pait le luxe en 1967
de détrôner le " Penny Lane " des Beatles de la première place du top
américain. La discographie comprend quelques chansons sympathiques,
" Eleonore " par exemple, mais elles sont bien trop lisses et mièvres en
comparaison à la quantité astronomique de productions sorties dans les
années soixante pour qu'on y prête une quelconque attention. The Turtles se séparera
au début des années soixante-dix, certains des membres rejoindront Mothers Of Invention tandis que leur tube agréable et
naïf finira inlassablement comme musique de publicité.
1973
Lynyrd Skynyrd - Free Bird
 |
| MCA Records |
Sorti sur (pronounced 'lĕh-'nérd 'skin-'nérd), le premier album des précurseurs du rock sudiste, " Free Bird " est le morceau d'anthologie des Lynyrd Skynyrd. Alliant vitesse folle et technicité, le long solo de fin est gravé dans la mémoire de chaque guitariste en herbe. Le public réclamait tellement ce morceau que le groupe le jouait à chaque fin de concert, à tel point que d'années en années ce morceau est devenu une plaisanterie. Peu importe l'artiste sur scène on peut souvent entendre quelqu'un crier à la fin d'un show « Free Bird! » pour signaler son envie d'un rappel. Le reste de l'album n'atteint à aucun moment la virtuosité hallucinante de ce titre devenu totalement culte.
ZZ Top - La Grange
 |
| London Records |
|
Véritable tube en puissance, " La Grange " (nom d'un bordel du Texas) se démarque nettement des morceaux disponibles sur le troisième album des ZZ Top. Loin d'être mauvais, voire plutôt sympa, cet opus baigne dans un blues rock agréable et sincère mais peine cependant à totalement convaincre. Les trois hommes barbus deviendront pourtant d'incroyables icônes dans le sud américain après la parution de Tres Hombres. Le 27 août deviendra dorénavant un jour férié au Texas, humblement appelé le ZZ Top Day. Les cow-boys rockeurs se sont vus des années plus tard offrir un million de dollars pour qu'ils se coupent la barbe, bien entendu l'offre fut refusée.
1976
Eagles - Hotel California
 |
| Asylum Records |
Vendu à plus de vingt millions d'exemplaires, cet album doit évidemment et uniquement sa notoriété à sa chanson éponyme. Outre le fait qu'elle fut honteusement inspirée (pour pas dire plagiée) par "
We Used To Know " de
Jethro Tull,
cette sublime ballade avec son solo acidulé fait référence à un établissement spécialisé dans le traitement des drogues bien connu de toutes les rock stars de l'époque. Les reprises de ce titre sont légions mais il faudra retenir en priorité celle des
Gipsy King sortie en 1988 qui est présente dans le film Big Lebowsky. Les autres titres figurant sur
Hotel California sont de mauvais goût et ennuyeux. Bref, un supplice à oublier très vite.
1981
Soft Cell - Tainted Love
 |
| Some Bizzare Records |
Marc Almond et
Dave Ball, le duo de
Soft Cell, se rencontrent en 1979 à la Art of School de Leeds. Fans des productions sortant de chez Tamla Motown, ils publient pourtant deux ans plus tard un premier album profondément new wave. Un disque qui marquera la musique de son empreinte puisque on y retrouve leur version du titre de
Gloria Jones "
Tainted Love " qui deviendra un succès planétaire.
Non-Stop Erotic Cabaret, bien qu'enregistré avec un modeste budget, est un album accrocheur et plaisant à défaut d’être excitant. Malheureusement aucune autre chanson n'aura droit aux mêmes faveurs du public, alors que le titre "
Sex Dwarf " l'aurait mérité tout autant.
1982
Alan Parson Project - Eyes In The Sky
 |
| Arista |
Alan Parson est sans doute l'ingénieur du son le plus connu. Ayant collaboré plusieurs fois avec les
Beatles, c'est avec les
Pink Floyd avec qui il enregistra les magnifiques The Dark Side Of The Moon et
Atom Heart Mother qu'il gagna totalement ses lettres de noblesses. Se lançant en tant que compositeur en 1976, il trouve un public fidèle au sein du
Alan Parson Project pendant dix d'albums. Le seul à avoir su toucher un large public s'intitule
Eyes In The Sky, notamment grâce à sa chanson éponyme qui est toujours diffusée sur les radios de nos jours. Un titre soft rock ultra-léché doté d'arrangements somptueux. On retiendra aussi le groovy instrumental "
Mammagamma "
Toto - Rosanna
 |
| CBS Records |
On reste en 1982 avec
Toto IV qui arrive en tête des charts cette année là en grande partie grâce aux titres "
Rosanna " et "
Africa ", c'est aussi le seul disque de
Toto ayant connu une telle gloire. Que l'on aime ou pas ce groupe, on se doit de reconnaitre que les membres savent écrire de temps à autres des chansons entraînantes et qui se retiennent facilement. Pour ma part je n'ai jamais accroché à la musique de
Toto, que je trouve bien trop lisse et connoté rock FM dans le plus mauvais sens du terme. Aussi étonnant que cela puisse paraître la renommée du groupe cesse assez vite aux États-Unis, a contrario le Japon et l'Europe, eux, n'auront de cesse de crier son inconditionnel amour envers la formation.
1984
Van Halen - Jump
 |
| Warner Bros |
Bienvenue à l'époque des looks improbables, pantalons moule burnes léopard et autres accessoires grotesques. Le single "
Jump ", se trouvant sur
1984, le sixième album de
Van Halen, avec son clavier ridicule lève encore et toujours une foule de beaufs dans des stades archis combles aux quatre coins du monde.
Eddie Van Halen est sans doute l'un des guitaristes les plus doués de sa génération. On regrettera juste que son superbe talent soit mis au service d'un
hard rock FM insupportable, mièvre, dégoulinant d'une nullité extrême.
David Lee Roth chanteur du groupe, entamera une carrière solo après cet opus. La pochette créera une polémique en Grande-Bretagne, certains magasins de disques refusant d'afficher le petit garçon fumeur de cigarette (en chocolat) sur leurs devantures.
1992
House of Pain - Jump Around
 |
| Tommy Boy Records |
Groupe américano-irlandais,
House of Pain sort son premier album en 1992. Avec pas moins de quinze titres,
Fine Malt Lyrics propose un hip-hop divertissant sans pour autant être une franche réussite. Seul "
Jump Around ", rentre dedans à souhait, sortira du lot et deviendra célèbre mondialement. L' introduction de ce morceau est d'ailleurs tiré de "
Harlem Shuffle " du duo
Bob & Earl. Après trois opus le groupe se sépare.
Everlast, chanteur et leadeur de la bande, décide d'entreprendre une carrière solo tandis que
DJ Lethal rejoint, lui,
Limp Bizkit. La discographie d'
House of Pain est à oublier tant ce
genre musical recèle de très bon albums datant de la même période.
pas mal comme idée
RépondreSupprimer